‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 46 sur 274 · S. Gregor. Magx., Dial., m, 28. Episf. m · texte numérisé non relu

S. Gregor. Magx., Dial., m, 28. Episf. m

ritioii clans l'histoire est marquée par un désastre.

Un ^rand nombre de moines reçurent le martyre des mains de ces nouveaux persécuteurs, et la mémoire de quelques-uns resta chère aux fidèles, quoique voilée par la poussière des siècles, jusqu'au jour où, après mille ans écoulés, elle devait inspirer le divin pinceau de Raphaël'. D'autres, chassés de leur premier asile et errants dans les diverses contrées de l'Italie, allèrent porter la semence de la vie religieuse dans des contrées où, sans cet orage, elle n'eût peut-être jamais pénétré.

Les Lombards gravirent enfin le Mont-Gassin, pillèrent et incendièrent ce sanctuaire déjà fameux, comme l'avait prédit, quarante ans auparavant,

1. Je crois pouvoir rapporter à celte date les deux martyrs bénédictins, nommés Jean et Benoît, ainsi que le constate l'inscription de la fresque où ils sont représentés, dans l'église des bénédictins de San Severo, et dont nous avons déjà parlé (page 15, en noie). Ces deux martyrs inconnus, et dont on ne trouve aucune mention dans Baronius, Bucelin, Mabillon, etc., sont assis sur les nuages, en compagnie de saint Benoît, de saint Placide, le premier martyr bénédictin, de saint Maur et de saint Romuald. Cessixsaintsassis forment ainsi une sorte de cour autour des trois personnes de la très sainte Trinité, qui occupent le centre de la fresque. Cetteœuvre, dont les figures assises doivent compter parmi les plus admirables productions du pinceau de Raphaël, a été parfaitement gravée par M. Keller, de Diisseldorf, le même auquel nous devons la seule gravure de la Dispute du Saint-Sacrement qui soit digne du chefd'œuvre de Raphaël.

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saint Benoît ; mais, comme il l'avait prédit aussi ' , ils ne purent détruire que ce qui n'avait pas vie et ne prirent pas un seul des moines. Quoique l'attaque des Lombards eût lieu de nuit et pendant le soimneil des religieux, ceux-ci purent tous s'enfuir, n'emportant avec eux pour toute fortune que le livre de la règle écrite par leur fondateur, avec la mesure de vin et le poids de la livre de pain qu'il leur avait prescrits-. Ils se réfugièrent à Rome ; le pape Pelage II ^ leur fit un accueil paternel et leur permit de construire, près du palais de Latran, un monastère où les enfants de saint Benoît purent attendre pendant un siècle et demi le jour heureux qui vit repeupler la sainte montagne ' .

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