‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 48 sur 274 · Cf. Dom PiTRA, Histoire de saint Léger. Introduction · texte numérisé non relu

Cf. Dom PiTRA, Histoire de saint Léger. Introduction

2. Ex nobilissima et antiqiiissima Aniciorum familia. Joan. Diac, in vit. S. Greg. Magn. — II naquit probablement en 540 et mourut en 604.

Grégoire hésite longtemps, déjà enflammé du souffle divin, mais sans cesse retenu, ramené et entraîné au monde par les attraits et les habitudes de la vie séculière. Enfin il cède à l'influence de ses relations intimes et fréquentes avec les réfugiés du Mont- Cassin, avec les successeurs et les disciples de Benoît ^ ; et alors, obéissant à la grâce qui l'éclairé, il rompt brusquement tous ses liens, consacre ses richesses à doter six monastères nouveaux en Sicile, en établit un septième, dédié à saint André, dans son propre palais, à Rome, sur le mont Gœlius, y introduit la règle bénédictine et s'y fait moine lui-même " (o7o) . Il vend tout le reste de son patrimoine pour le distribuer aux pauvres, et Rome, qui avait vu le jeune et opulent patricien parcom'ant ses rues dans des habits de soie et tout couvert de pierreries, le revit avec admiration vêtu comme un mendiant et servant lui-même les men-

1. Prxfat.ad Job. — Ces bénédictins qui déterminèrent sa conversion étaient Constantin, disciple et successeur de saint Benoît au Mont-Cassin; Simplicius, troisième abbé du Mont-Cassin; Valentinien, abbé du Latran.

2. Mulato repente sœculi habitu. Paul Diac, Vit. S. Greg., c. 3. — Yepes et Mabillonont démontré sans réplique, contre Baronius, que saint Grégoire a professé la règle de saint Benoît. Act. SS. 0. S. B. Prœf. in 1 sœc, §vii. Voir aussi sa vie par ses éditeurs bénédictins, lib. I, c. 3. — Ce monastère de Saint-André, qui porte aujourd'hui le nom de Saint-Grégoire, a été depuis donné aux Camaldules, et c'est de là qu'est sorti, après treize siècles^ un autre Grégoire, pape et moine, Grégoire XVI.

diants hébergés clans l'hôpital qu'il avait construit à la porte de sa maison paternelle, changée en monastère*.

Une fois moine, il voulut être le modèle des moines et pratiquer avec la dernière rigueur toutes les austérités que comportait la règle, en même temps que s'appKquer spécialement à l'étude des saintes Écritures. Il ne se nourrissait que des légumes que sa mère, qui s'était faite religieuse depuis son veuvage, lui envoyait de son couvent, tout trempés, dans une écuelle d'argent. Cette écuelle était le seul reste de son ancienne splendeur, et il ne s'en servit pas longtemps, car, un jour qu'un pauvre naufragé vint plusieurs fois l'importuner pendant qu'il écrivait dans sa cellule, ne trouvant plus de monnaie au vestiaire, il lui fit donner ce demeurant de son argenterie. Longtemps après Grégoire vit ce naufragé lui apparaître sous la forme de son ange gardien et lui apprendre qu'à partir de ce jour Dieu l'avait destiné à gouverner son Église et à devenir le successeur de Pierre, dont il avait imité la charité^.

Continuellement occupé à prier, à lire, à écrire ou à dicter, il s'obstinait à pousser si loin la rigueur

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