‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 49 sur 274 · JoAN. Di.vcoN., Vit. S. Greg., i, 10, et ii · texte numérisé non relu

JoAN. Di.vcoN., Vit. S. Greg., i, 10, et ii

du jeûne, que sa santé s'y ruina et que sa vie même en fut compromise. Il tombait si souvent en syncope, que plus d'une fois, comme il l'a raconté lui-même, si ses frères ne l'avaient réconforté par quelques mets plus substantiels, il aurait fini par succomber'. Pour avoir voulu faire plus que les autres, il lui fallut bientôt renoncer aux jeûnes que tout le monde observait, même les plus ordinaires.; il se désolait alors de ne pouvoir pas même jeûner le samedi saint, en ce jour où les petits enfants mêmes jeûnent, dit son biographe ; et avec l'aide des prières d'un saint abbé de Spolète qui était venu se faire moine avec lui à Saint-André, il obtint de Dieu la grâce de pouvoir observer au moins ce jeûne-là. Mais il resta toute sa vie faible et malade, et, lorsqu'il sortit de son monastère, ce fut avec une santé irréparablement ruinée.

Le pape Benoitl"' l'en retira d'abord, en 577, pour l'élever à la dignité d'un des sept cardinaux-diacres ou régiofinaires qui présidaient aux sept régions principales de Rome. Il ne céda que bien malgré lui à l'autorité du pontife, (c Quand un navire », disait-il, « n'est pas bien amarré au port, la tem- (( pête l'enlève au rivage, même le plus sûr : me (( voilà replongé dans l'océan du monde, sous un (( prétexte ecclésiastique. J'apprends en la perdant

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