Le 2^ deConslantinople, en
il2 LUTTES DE SAINT GRÉGOIRE LE GRAND patriarches de Gonstantinople dont l'aiiibition aspirait déjà au titre di universel et devait aboutir au déchirement de FEghse. L'Afrique était en proie aux donatistes, l'Espagne tout entière à Tarianisme, F Angleterre retombée dans Tidolâtrie; en Gaule, malgré la foi catholique professée par les successeurs de Glovis, la simonie souillait FÉghse, et les luttes de Frédégonde et de Brunehaut désolaient les chrétiens; en Orient, les Avares et les Perses menaçaient ou« ravageaient Fempire. Mais rien n'était plus lamentable que Fétat de l'ItaHe. Coimne si ce n'était point assez du fléau de Dieu, des inondations, de la peste et de la famine, les hommes s'y entre-déchiraient avec rage, et les désordres de tout genre envahissaient F Église à la suite de la persécution et de la guerre. Les Lombards, qui, de païens étaient devenus ariens, croyaient assm^er leur domination contre les Grecs en persécutant avec acharnement l'Église romaine ; ils regardaient la papauté comme la servante de la cour de Byzance, et par conséquent comme leur ennemie habituelle. De leur côté les empereurs grecs accusaient les papes de trahison, parce qu'ils ne sacrifiaient pas tout aux exigences de la politique impériale, ou d'usurpation, parce qu'ils prenaient sur eux de pourvoir aux besoins publics, quand l'inaction ou l'impuissance des lieutenants de César
devenaient trop évidentes. Au fond, les successeurs de Constantin , avec un juste instinct de l'avenir, voyaient déjà , dans les successeurs de saint Pierre, la force que Dieu destinait à remplacer leur suzeraineté décrépite en Italie et sur la ville où l'imagination des peuples plaçait encore le foyer et la raison d'être de l'empire. De là leur politique tortueuse, oppressive et inconséquente. Ils voulaient être obéis en maîtres par des peuples qu'ils ne savaient déjà plus défendre , et comme , au milieu de la poussière que le despotisme avait amoncelée partout, on ne voyait debout que la papauté, ils rendaient volontiers les papes responsables des suites de leur propre faiblesse.
Le pauvre moine qui se désespérait si fort d'avoir été jeté, par le vote unanime des Romains, dans ce tourbillon, sut envisager d'un œil intrépide et perspicace les dangers de la situation, et adopter une ligne de conduite qui fut une réalisation manifeste des promesses infaillibles de Jésus-Christ. Il fonda la grandeur temporelle du Saint-Siège et le progrès de son autorité spirituelle sur la base longtemps inébranlable de la reconnaissance et de l'admiration des peuples.
Il s'occupa d'abord et surtout des Lombards. Quoiqu'il ail peut-être jugé trop sévèrement dans ses écrits cette race fière et intelligente, dont la
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bravoure et la législation ont fixé l'attention de la postérité, et qui valait cent fois mieux que ces Gréco-Romains abâtardis dont il s'efforçait loyalement de rétablir l'autorité en Italie, il n'employa vis-à-vis d'elle que des moyens avoués par la politique la plus honorable. Il eut le droit, après de longues et laborieuses relations avec elle, de se rendre ce témoignage : « Si j'avais voulu me prêter (( à la destruction des Lombards , aujourd'hui cette (( nation n'aurait plus ni roi, ni ducs, ni comtes, (( et serait en proie à une irrémédiable confusion ; (( mais parce que je crains Dieu, je n'ai voulu me « mêler de la perte de qui que ce soit \ » Il faisait sans doute allusion aux perfidies que tramaient les exarques de Ra venue, qui commandaient en Italie pour l'empereur, et par lesquelles ils essayaient de compenser leur infériorité mihtaire en face des Lombards. L'exarque Romain fut, par son animosité et sa lâcheté, l'un des principaux fléaux de la vie de Grégoire. Après avoir rompu la paix avec les Lombards , et justifié ainsi les nouvelles hostilités de leurs ducs Ariulfe^ et Arigis^ dans l'Italie centrale et méridionale , il abandonnait Rome et Naples sans défense , et n'en interdisait pas moins au pape