‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 60 sur 274 · Epis t., V · texte numérisé non relu

Epis t., V

120 LUTTES DE SAINT GRÉGOIRE LE GRAND donné sa main et la couronne au duc Agilulfe, en l'année même où Grégoire était monté sur le Saint-Siège (590). Ces deux nobles cœurs s'entendirent facilement. La reine fut toujours l'amie fidèle du pape ; elle servit d'intermédiaire entre lui et son mari. On ne sait trop si elle réussit à convertir celui-ci* , mais elle amena peu à peu, par sa douce influence , toute la nation des Lombards de l'arianisme à la foi catholique. Grégoire avait, dès les premiers jours de son pontificat, exhorté tous les évoques d'Italie à se préoccuper surtout de la conversion de ces formidables ennemis de l'orthodoxie^. On croit que la reine fut puissamment aidée dans cette œuvre par les Dialogues que Grégoire avait composés d'après les récits recueillis de la bouche des premiers disciples et successeurs de saint Benoît, et où il raconte la vie de ce patriarche de l'Ordre monastique, et les merveilles de ferveur et de pénitence qui avaient éclaté parmi les moines imbus de son esprit. Il les envoya à la reine des Lombards, comme pour la mettre à même d'offrir aux dévastateurs de F Italie les preuves de la sainteté et de la grandeur morale que la foi orthodoxe pouvait seule inspirer aux vaincus.

1. Saint Colomban, dans une lettre écrite en 607, parle encore de lui comme d'un arien.

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