‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 65 sur 274 · Mutare sieciilum, non relinquere. Episl.^ m · texte numérisé non relu

Mutare sieciilum, non relinquere. Episl.^ m

2. Il parle au pluriel, parceque Maurice avait associé son fils Theodose à l'empire en 5*J1.

130 LUTTES DE SALNT GRÉGOIRE LE GRAND ni comme sujet, mais du droit que je trouve dans mon cœur' . Car, sérénissime seigneur, vous fûtes le mien avant que d'être celui de tous... Cette constitution, je l'avouerai à mes maîtres, m'a rempli de frayeur, car elle ferme le chemin du ciel à un grand nombre... il en est beaucoup qui peuvent mener une vie chrétienne sous Thabit du siècle. Mais beaucoup aussi ne sauraient être sauvés, s'ils n'abandonnent pas toutes choses...

(( Et qui suis-je, pour parler ainsi à mes maîtres, sinon poussière ou ver de terre'? Cependant, quand je vois cette loi s'attaquer à Dieu, maître du monde, je ne puis me taire. Car ce pouvoir sur le genre humain a été donné d'en haut à mes maîtres, afin d'aider ceux qui veulent le bien à élargir la voie des cieux et à faire que le royaume terrestre serve le royaume céleste. Et voici qu'il est défendu à celui qui a été une fois enrôlé dans la milice terrestre d'entrer au service de Notre-Seigneur, à moins qu'il ne soit invalide ou en retraite... Voici ce que le Christ leur répondra par moi, le dernier de ses serviteurs et des vôtres : « Je t'ai fait, de secrétaire, (( comte des gardes; de comte, césar; de césar,

1. Ncqiie ut episcopus, neque iil serviis jure reipublicai, sed jure privato loquor.

2. Ego autcm hœc dominis meis loquens, quid sum, nisi pulvis et verrnis?

CONTHK LES GKKCS. 131

(( empereur; ce n'est pas assez, je t'ai fait père « d'empereur. J'ai soumis mes prêtres à ta puis- « sance, et toi tu retires tes soldats de mon ser- (( vice^ ». Dites, seigneur, dites à votre serviteur ce que vous pourrez répondre à celui qui, au jour du jugement, vous parlera ainsi'.

(( Peut-être croit-on qu'aucun d'eux ne se convertit de bonne foi ; mais moi, votre indigne serviteur, je sais combien de soldats, convertis de mon vivant, ont, dans les monastères, donné l'exemple de toutes les vertus, et y ont même fait des miracles. Et voici une loi qui interdit toute conversion semblable! Cherchez, je vous en conjure, quel est l'empereur qui a rendu une loi pareille% et voyez s'il vous convient de l'imiter. Et considérez d'ailleurs que l'on veut empêcher les hommes de quitter le monde dans un temps où la fin du monde approche. Car le temps n'est pas loin où, au milieu de rincendie du ciel et de la terre, dans l'embrasement universel des éléments, entouré des archanges et» des anges, des trônes, des dominations, des puissances, le Juge redoutable paraîtra. Quand il pardonnerait tous les péchés, s'il ne trouve que cette

1. Ego te de notario comitem excubiloiuin... Sacerdotes meos luœ manui commisi...

2. Responde, rogo, piissime domine, seivo tuo, quid vcnienti et hfec diconti responsiirus es?...

3. Il dit dans une lettre suivante que ce fut Julien rAftoslat.

seule loi portée contre lui, quelle sera, je vous prie, votre excuse?. . . Je vous conjure par ce Juge terrible de ne pas rendre inutiles vos larmes, vos jeûnes, vos prières si abondantes en toute occasion devant Dieu, mais de tempérer ou d'abroger cette loi, car Farmée de mes maîtres croîtra d'autant plus contre l'armée ennemie que l'armée de Dieu se sera accrue pour la prière.

(( Soumis du reste à votre jussion, j'ai expédié cette même loi dans les diverses provinces, mais parce qu'elle ne s'accorde pas à la volonté du Dieu tout-puissant, je vous en avertis par cette supplique. J'ai ainsi rempli mon devoir des deux côtés, rendu obéissance à l'empereur, et ne me suis pas tu sur ce qui m'a paru contre Dieu^ . »

Quelque modeste et humble que fût cette lettre, il n'osa la faire remettre à l'empereur par son résident ordinaire auprès de lui, mais, il la confia à un médecin de Maurice qui était son ami particu- •lier, pour qu'il la présentât en secret et dans un moment favorable. On ne sait quel fut l'effet immédiat de cette réclamation, mais elle fut écoutée, car mie lettre postérieure du pape aux métropolitains d'Illyrie et d'Italie enjoint de ne recevoir les soldats dans les monastères qu'après trois ans de noviciat,

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