JOAN. Dl\C., IV
138 LUTTES DE SAINT GRÉGOIRE LE GRAND vérité, une fois qu'il les avait reconnus. Toute sa carrière vient à l'appui des nobles paroles qu'il écrivait à son apocrisiaire ou nonce à Contantinople : (( Vous devez savoir ce que je sens, moi qui suis résolu à mourir plutôt que de voir le siège de saint Pierre dégénérer de mon vivant. Vous connaissez mon caractère : je supporte longtemps, mais, quand j'ai une fois résolu de ne plus supporter, je vais avec joie au-devant de tous les périls ^ » . Sauf en la déplorable occurrence que nous venons de signaler, il s'est toujours montré fidèle aux instructions qu'il donnait à un évêque d'Illyi'ie qui gémissait de l'iniquité des juges impériaux : « Votre devoir est de résister pour la cause des pauvres et des opprimés. Si vous ne réussissez pas, Dieu vous tiendra compte de l'intention. Cherchez siu*tout à gagner Celui qui lit dans les cœurs. Quant aux terreurs et aux faveurs humaines, ce n'est qu'une fumée que le plus léger souffle fait évanouir. Tenez pour sûr qu'il est impossible de plaire en même temps à Dieu et aux méchants. Estimez-vous d'autant plus agréable à Dieu que vous vous reconnaissez odieux aux gens pervers. Toutefois, même en défendant les pauvres, soyez grave et modéré'. »
1. Episi.,iv, 47. — Il s'agissait de l'affaire de xMaxiine de Salone; la lettre est adressée à Sabinieii, qui fut depuis son successeur.