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AVEC LES lUANCS ET LES BURGONDES. U3
Le patriarche de Gonstaiitinople, malgré les titres orgueilleux dont il parait sa servitude, tombait de plus en plus au premier rang de la domesticité impériale. Les patriarches d'Antioche, d'Alexandrie, de Jérusalem, allaient être balayés par l'islamisme. Rome restait seule debout, sans cesse violée, mais non encore asservie. L'Afrique et l'Illyrie, qui dépendaient encore alors du patriarcat d'Occident, dont Rome était le siège, allaient l'une succomber sous le fer des Arabes, l'autre se confondre avec les domaines du César de Constantinople. Mais les grandes Églises des nouveaux royaumes du Nord et de l'Occident pouvaient compenser et au delà cette perte.
La rupture de tous les liens politiques de la Gaule, de l'Espagne et de la Bretagne, avec l'empire romain, avait dû naturellement relâcher les liens qui rattachaient les Eglises de ces diverses contrées avec Rome. Pour renouer ces Hens, pour préserver ces Eglises d'être submergées par les institutions féodales qui allaient prévaloir dans le nouvel ordre social, il n'y avait rien de mieux à faire que de contracter alliance avec les races germaniques qui avaient remplacé la domination romaine. Grégoire prit cette glorieuse et salutaire initiative. Nous verrons plus loin ce qu'il fit pour l'Espagne et pour la Grande-Bretagne. Constatons d'abord qu'il choisit
144 RELATIONS DE SAINT GRÉGOIRE LE GRAND la Gaule, TÉglise et la royauté franques pour devenir le noyau des grandes chrétientés germaniques. Il se rattachait ainsi la seule nation qui fût restée orthodoxe parmi les Barbares, que Farianisme infectait encore partout. Il fondait Falliance qui devait, deux siècles plus tard, affranchir définitivement le Saint-Siège de tout joug étranger, de la domination byzantine comme de la violence des Lombards.
On ne voit pas que, comme son prédécesseur Pelage II, il ait appelé les Francs au secours de l'Italie contre les Lombards ; ils y étaient déjà venus, et trois invasions franques^ n'avaient produit qu'un surcroît de calamités pour la population du nord de la péninsule. Il suivit une autre voie et entra d'abord en relation plus intime avec l'Église des Gaules, à l'occasion des domaines que possédait l'Église romaine en Provence, et qui étaient depuis longtemps à l'abandon, comme tous les vastes territoires qui constituaient déjà le patrimoine de saint Pierre. Un saint moine de l'île de Lérins, Virgile, était alors évêque d'Arles et métropolitain de la Provence. Grégoire lui accorda le pallium, et le constitua son vicaire dans la partie des Gaules qui dépendait du roi Gliildebert (juin59o), en lui enjoignant de travailler surtout à extirper les vices radicaux de l'Église