‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 93 sur 274 · ConclL, 1. c · texte numérisé non relu

ConclL, 1. c

2. Liberlati monachoriim congaudemus, et quai nunc dehis slatuit Béatitude Vestrafirniamiis. ConciL, 1. c.

diiiaiix-prêtres et quatre diacres de l'Église romaine'.

Au milieu des désordres et des conflits qui agitaient l'Église et désolaient la chrétienté, l'œuvre de saint Benoît se trouvait ainsi revêtue de la plus haute sanction qui existât sur la terre. Le libre choix des chefs et l'inviolabilité de ses propriétés, ces deux principes fondamentaux de toute société indépendante et régulière, étaient garantis à la société monastique par l'acte le plus solennel, émané d'un pape qui se souvenait et s'honorait d'avoir été moine.

A côté de cette liberté générale assurée à tout l'Ordre, Grégoire avait concédé des privilèges analogues et spéciaux à plusieurs monastères. Il peut être regardé comme le principal auteur de ce qu'on a appelé depuis les exemptions ". En exceptant de

1. Un manuscrit de la bibliothèque de Flavigny, citée par Coletti, donne les signatures de vingt-quatre évéques et de seize prêtres, dont les titres cardinalices existent encore tous aujourd'hui.

2. On en cite plusieurs exemples antérieurs à son pontificat et qui remontent aux premières annéesdu vi'^ siècle, mais qui n'olTrent pas des caractères suffisants d'authenticité. Voir Troya, Codicc diplomatlca d'Italia. Du reste, quelques auteurs, entre autres ïhomassin i Vctxiset nova disciplina, pars I, lib. iii,c. 30), ont soutenuque,par ses concessions, Grégoire n'avait porté aucune atteinte à la juridiction spirituelle des évêques sur les communautés, mais seulement à leur administration temporelle, à la Zex<^/iœce5a««; distincte de la Icxjurisdictionis : cela parait difficile à démontrer, eu présence des textes, qui d'ailleurssont de nature très diverse. — La première exemption

la juridiction épiscopale sur divers points importants ces grandes communautés de la Gaule et de F Italie, il n'avait évidemment en vue que de fortifier en elles la vie spirituelle, et de créer autant de foyers énergiques de résistance aux désordres que les invasions et les luttes des races diverses entre elles faisaient prévaloir dans les rangs du clergé séculier. Il dit expressément à une communauté de Rimini en lui conférant l'exemption qu'elle sollicitait : <( Soyez maintenant d'autant plus préoccupés de l'œuvre de Dieu, d'autant plus assidus à la prière, car autrement vous paraîtrez non pas avoir recherché une plus grande sécurité pour vos oraisons, mais seulement avoir voulu, ce qu'à Dieu ne plaise ! dérober votre relâ chement à la sévérité épiscopale ' . » C'est dans ce but aussi qu'il s'efforça de faire prévaloir une distinction rigoureuse entre l'état ecclésiastique et la vie religieuse, distinction qui disparut complètement dans la suite. Il ne souffrait pas qu'un prêtre ou un diacre devînt abbé, ou même simple moine, à moins de déposer ses fonctions cléricales : car, disait-il, « il y en a qui, feic( gnant de vivre en religieux, ambitionnent d'être

donnée à un monastère clans les Gaules le fut par saint Grégoire à une communauté de femmes fondée en l'honneur de Jean Cassien, Marseille. Epist., vn, 12.

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