‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 100 sur 520 · I. ApophUgmata Patrum · texte numérisé non relu

I. ApophUgmata Patrum

sines pour solliciter la faveur d'être admis au nombre des moines. Leur vie pénitente justifia la miséricorde dont on voulut user à leur endroit'.

Apollonios , qui provoquait de nombreuses. vocations par ses exemples et par ses conseils, convertit un brigand qui devint un fervent religieux ^ L'anachorète Capito, qui vivait à quatre milles d'Arsinoë, était un ancien bandit =^. Des voleurs dérobaient fréquemment le pain de l'abbé Ammon. Il les surprit un jour. Au lieu de les réprimander, il les fit asseoir et leur servit à manger, se contentant de les inviter à ne plus recommencer. Cette douceur les émut profondément. Ils changèrent de vie et se firent moines. Dans la suite, Dieu récompensa leurs vertus par le don des miracles'''.

Patermutios, qui devint l'abbé des nombreux moines réunis autour de son ermitage, avait commencé par être chef de brigands. II était alors païen. Le nombre et l'énormité de ses attentats le faisaient redouter par tout le monde. Il chercha à pénétrer durant la nuit dans la cellule d'une vierge consacrée à Dieu, lorsque l'horreur de sa conduite le saisit brusquement d'épouvante. Il alla se prosterner devant un prêtre et lui demander humblement la grâce du baptême. On lui fit subir les épreuves ordinaires. Sa pénitence et sa ferveur lui concilièrent autant de vénération que ses crimes lui avaient, dans le passé, suscité de haine-^.

Parmi ces brigands devenus moines, il n'y en eut pas d'aussi célèbre que l'abbé Moyse. II était Ethiopien d'origine et esclave par état. La passioirdu vol le dominait à tel point que son maître dut le chasser. Son audace et sa force herculéenne en firent un bandit redoutable; il fut bientôt le'chef d'une troupe nombreuse. Mais la grâce divine toucha son cœur après quelques années de brigan-. dage. 11 abandonna son genre de vie et chercha un refuge au milieu des moines de Scété. Par son application à la pratique de la vertu et à l'étude des vérités éternelles, il devint un docteur de la vie ascétique dont la doctrine était particulièrement estimée. Ses conférences avec Cassien ^ permettent d'en juger. Les rigueurs de sa

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