Ladeuze, p
Pâques pour être baptisés dans le monastère de Fhbôou, qui était le centre de la congrégation pakhomienne^. Saint Jean Chrysostôme 2, saint Grégoire de Nazianze 3 et saint Cyrille d'Alexandrie ^ insinuent que les monastères d'Egypte, de Cappadoce et de Syrie renfermaient également des moines non encore baptisés s.
Le recrutement monastique se faisait dans tous les rangs de la société. Le fils du sénateur rencontrait dans la solitude l'esclave affranchi ; les hommes qui avaient occupé les premières charges de l'Empire fraternisaient avec les humbles cultivateurs syriens et les fellahs de l'Egypte. Ces derniers toutefois étaient de beaucoup les plus nombreux ; car, alors comme de nos jours, les petits, paysans pour la plupart, formaient la grande majorité du genre humain. On aurait tort cependant de conclure que les monastères étaient uniquement peuplés de gens grossiers et sans instruction.
Les vocations sorties des rangs de l'aristocratie jetaient sur le monachisme trop de lustre pour que ses apologistes aient négligé d'en parler. Saint Grégoire de Nazianze, dans l'un de ses discours contre Julien l'Apostat, où il aime à opposer aux sages de l'antiquité païenne les philosophes du christianisme, est fier de pouvoir dire à la louange de ces derniers : « Parmi eux, il n'y a pas que des hommes obscurs et de basse extraction, que les exigences de leur condition première habituaient à la peine ; on y trouve encore des personnages de très haut rang, que recommandaient la fortune, la noblesse et l'autorité i^. » Ces moines,
1. Fie copte de saint Pakbôme, publiée par Amélincau. A. D. M. G., XVII, 119- 121. yie de Théodore, ibid., 248.
2. S. Jean Chrysostome, lu epist. ad .Hebrccos hom., 25, P. G., LXllI, 177.