‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 103 sur 520 · S. Grégoire de Nazianze, Oraiio 40, n · texte numérisé non relu

S. Grégoire de Nazianze, Oraiio 40, n

4. S. Cyrille Alex., Epist. ad episcopos Lybia;. Cf. Dom Touttée, Noies sur saint Cyrille de Jérusalem, P. G., XXXIII, 486-487.

5. Au 1V« siècle, en Occident, Rufin était déjà moine lorsqu'il reçut le baptême (P. L., XXl, 81-83. Tillemont, Xll, 1 1-34)- Saint Jérôme embrassa la vie ascétique pendant son séjour en Gaule, avant son baptême par conséquent. (Tillemont, XII, p. 9.) Sulpice donne au catéchumène ressuscité par saint Martin le nom de frère, ce qui signifie, sous sa plume, moine.

6. S. Grég. Naz., Oratio iv, inJiiHaimm, 73, P. G., XXXV, 598.

qui pratiquaient avec amour des austérités pénibles, excitaient l'enthousiasme de saint Jean Chrysostome. Il faisait ressortir en termes éloquents la grandeur d'âme des jeunes filles, nées dans un palais, élevées au milieu des plaisirs d'une existence somptueuse, qui ne tenaient aucun compte de leur passé, de leur éducation, de leur âge, et faisaient des pénitences incroyables^.

Dans les solitudes de l'Orient, les distinctions que la naissance ou la fortune établissent d'ordinaire entre les hommes n'étaient jamais prises en considération. Tous oubliaient ce qu'ils avaient été et ce qu'ils pouvaient être. Leur ambition se bornait à vivre pour Dieu. L'humilité était chez eux l'objet d'une pieuse émulation. Ils cherchaient à se surpasser les uns les autres par la pureté du cœur et la sainteté de la vie 2. Saint Nil, qui fait cette remarque au sujet des moines du Sinaï,, donnait lui-même un magnifique exemple de cette abnégation ; les honneurs et les biens auxquels il avait renoncé lui donnaient plus qu'à d'autres le droit de parler.

Cassien rencontra pendant ses excursions monastiques un religieux que la fortune et la. situation^ de sa famille mettaient au-dessus de la plupart des aspirants à la vie solitaire. On voulut dès son arrivée soumettre sa vocation à une épreuve pour voir dans quels sentiments il se consacrait au service de Dieu. L'ancien qui veillait sur lui, sans faire la moindre attention à sa qualité, lui donna dix corbeilles, avec l'ordre d'en charger ses épaules et de les porter à la ville pour les vendre en bloc. 11 lui fallut les promener ainsi longtemps à travers les rues pour trouver des acquéreurs ; cette besogne d'esclave ou de valet, dut paraître bien humiliante à un homme de cette condition. Il eut néanmoins le courage de s'en acquitter ponctuellement s. . La sainte égalité que la profession religieuse établissait dans les monastères et les solitudes n'était pas si absolue qu'on ne tînt aucun compte des nécessités que l'éducation fait souvent contracter aux hommes malgré eux. Celui qui a vécu dans l'aisance et n'a jamais le moindre effort à produire ne saurait avoir les forces physiques indispensables pour pratiquer certaines austérités qui n'offrent à d'autres aucune difficulté. Le sacrifice est

1. s. Jean Chiys., In epist. ad Ephes., hom. xiii, P. G., LXII, 98.

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