‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 109 sur 520 · Sulpice Sévère, Dial,, I · texte numérisé non relu

Sulpice Sévère, Dial,, I

4. Saint Basile, Regitlœ ftisiits tractaiœ inter. 12^ P. G., XXXI, 947-950.

I 1 8 LES MOINES d'orient

son époux'. Saint Nil, qui était marié, raconte lui-même comment il abandonna sa famille : « Un ardent désir d'habiter le désert du Sinaï et de posséder la paix et le repos dominait mon cœur, au point d'absorber toutes mes pensées ; impossible de fixer mon esprit sur autre chose. Lorsque l'amour d'un objet quelconque s'est emparé d'une âme, îl l'arrache à ses affections même les plus chères. Il l'entraîne avec tant de force qu'il ne recule ni devant" les peines et les ennuis ni devant les injures ; tout cela ne lui semble rien... L'amour de là solitude finit par me rendre le départ nécessaire ; je n'avais plus la force de résister. Prenant par la main mes enfants, encore bien jeunes, je les plaçai devant leur mère ; je lui en donnai un et gardai l'autre. C'est alors que je lui découvris ma volonté. Mon visage et le ton de ma voix lui faisaient deviner que ma résolution était irrévocable. Inutile donc d'essayer de là fléchir ; elle ne le tenta même point. Quand elle vit l'impossibilité de s'opposer à mon départ, elle me donna, non sans peine, son assentiment. Le chagrin l'étouffait, les larmes coulaient le long de ses joués. Vous savez combien est douloureuse la séparation de ceux qu'unit un mariage légitime. Cette souffrance n'est pas moins pénible que celle causée par un glaive plongé dans la poitrine '. » Saint Nil quitta Constantinople et prit le chemin du mont Sinaï, emmenant avec lui Théodule, l'un de ses enfants.

Un disciple de saint Antoine, Paul le Simple, n'eut pas à solliciter là permission de sa femme. II l'avait Surprise en adultère. Son infidélité le laissa libre de l'abandonner et de suivre son attrait pour la vie religieuse 3. Abraam, dont la vie est racontée par saint Ephrem, ne prit pas tant de précautions. Comme ses parents l'avaient marié malgré lui, il se crut en droit d'abandonner son épouse pendant la nuït, de sortir de la ville et de s'enfermer dans une cellule qu'il rencontra sur sa route *.

Abraam avait-il le droit d'agir ainsi ? La réponse à cette question serait de nos jours très nette ; maïs au quatrième siècle les avis étaient partagés. Le sentiment de saint Basile est connu, mais tous les moines égyptiens ne le partageaient pas. En voicî la preuve. Il y avait près de Diolcos un bon chrétien norhmé Théonas que ses parents avait marié tout jeune. Une pieuse coutume

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