Cassien, Coulai. ,XX
2. Greg. Naz., Carmen ad HeUenium,v. 145-147; P. G., XXXVIII^ 1461-1464.
rance des , sexes, lui dit : « Ce sont les moines. du siècle. Leur habit n'est pas le même que celui des solitaires'.. »l\. y avait à Tabenne plusieurs enfants venus au monastère en même temps que leur père 2.
Quelques abbés partisans des épreuves extraordinaires, se servirent parfois de ces enfants pour voir jusqu'où irait l'obéissance de leurs pères. Patermutos, qui sollicitait son admission dans un monastère, dut attendre à la porte plus longtemps que de coutume parce qu'il avait son fils âgé de huit ans. L'usage des moines de cette contrée, ne permettait pas d'admettre des ..enfants en aussi bas âge. Son insistance finit néanmoins par triompher de toutes les objections qui lui furent faites; mais le supérieur, dans le but de savoir si l'amour paternel dominait en lui l'amour de Dieu et le désirde sa perfection, ordonna de les séparer l'un de l'autre, Le père ne s'en montra pas ému. Il garda le même silence quand l'abbé fit infliger au petit de mauvais traitements. .On lui donna l'ordre de jeter l'enfant à l'eau. Sans hésiter, comme si cette parole était tombée du ciel, il le prit et s'en alla le jeter dans le fleuve. Des frères qui l'avaient suivi retirèrent immédiatement l'innocente victime^. La conduite du supérieur et du moine ne mérite ni l'imitation ni la louange. Ce n'est pas cependant le seul exemple de ce genre rapporté par les récits édifiants de cette époque. Un homme demandait un jour à l'abbé Sisoi le Thébain de le recevoir parmi ses moines. «Que possêdes-tu dans le siècle.^ lui dit l'abbé. — J'ai un enfant. — Va le jeter dans le fleuve, et alors tu te feras moine. »' Il allait obéir quand Sisoi, satisfait de ses dispositions, l'arrêta ^. Voici un autre fait. Un solitaire avait laissé dans le monde trois enfants. Quand plus tard il revint les chercher, il n'en trouva qu'un vivant. Ils allèrent ensemble au monastère. L'abbé ordonna au père de mettre son fils dans un four allumé. Le recueil des ^erba Seniorum, où est relatée cette anecdote, affirme queDieu, pour récompenser l'obéissance de l'un, sauva miraculeusement la vie de l'autre s.
. Il y eut un grand nombre de parents qui offrirent leurs enfants
\\ Verha Seniorum, ?.L.,LXW\\,9>']S.
2. Ammonis epistola 18, Acta Sanct., Maii, t. III, 354. Vie arabe de Pàkhôme, A. D. M. G., XVII, 505.