Ibid
LE RECRUTEMENT MONASTIQUE Ir2I
au Seigneur sans embrasser eux-mêmes.la vie religieuse. Un père de famille recommanda son fils nouveau-né aux prières de saint Jacques le Syrien, promettant de le consacrer au service de Dieu s'il lui conservait l'existence. Mais la mort le lui ravit à l'âge de quatre ans. 11 porta son cadavre au solitaire, qui se mit en oraison et obtint du ciel la résurrection de l'enfant. Celui-ci put dans la suite exécuter le vœu de son père i. Théodoret, de qui nous tenons ce fait, avait lui-même été voué à Dieu aussitôt après sa naissance^. Saint Jean Chrysostome raconte l'histoire fort touchante d'un enfant qu'il avait connu à Antioche. Sa mère, qui était une sainte femme, n'ambitionnait rien tant que de le voir religieux. Mais son mari, ancien officier, nourrissait d'autres espérances. 11 le destinait, à la carrière des armes. La mère, sans rien dire, préparait l'avenir monastique de l'enfant. Elle ne pouvait l'envoyer au désert; car son époux, homme jviolent, se serait emporté contre les moines, et il aurait pu se livrer à des excès lamentables. Que fît-elle? Les familles riches abandonnaient volontiers l'éducation de leurs enfants à des personnes dignes de confiance, pendant que leurs maîtres prenaient, soin de les instruire, Un ascète consentit à se dévouer pour l'avenir de cette .âme. Ce fut saint Jean Chrysostome lui-même. Il garda J'enfant auprès de lui, l'éleva comme un petit moine, et sut lui inspirer un grand amour de 1^ vie religieuse, si bien que plus tard il fut assez fort pour vaincre les résistances de son père. Son exemple détermina plusieurs de ses camarades à le suivre 3.
Cet usage d'offrir les enfants au service de Dieu dans les monastères était assez répandu. Aussi le trouve-t-on un peu partout en Egypte, en Thébaïde, en Palestine, en Syrie et en Asie Mineure. Tous ceux dont la présence est constatée n'avaient pas, il est vrai, été offerts. Quelques-uns paraissent avoir embrassé d'eux-mêmes la vie religieuse. De ce nombre furent Archebios, que Cassien yit