‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 138 sur 520 · Cassien, Con/rt^., vu, 5, p · texte numérisé non relu

Cassien, Con/rt^., vu, 5, p

faisait-il soupirer après un état heureux où l'âme, libre de toute tentation dans un corps délivré des appétits sensuels, pourrait sans la moindre diificulté conserver intacte cette précieuse vertu. Cette pensée tourmentait fort l'abbé Germain. 11 demanda un jour à l'abbé Ghérémon si vraiment l'homme sur terre pouvait acquérir une virginité si parfaite que les agitations de la chair ne la vinssent jamais troubler 1. Ghérémon lui affirma que c'était chose possible. 11 consacra un long entretien au développement de cette idée. Pour la rendre plus claire, il chercha d'abord à établir des degrés dans la pratique de la chasteté. 11 put en retrouver six. Le premier consiste, disait-il, à ne jamais commettre une faute volontaire ; le deuxième empêche l'âme de s'arrêter avec complaisance sur aucune pensée mauvaise. Quand l'homme est arrivé au troisième, la vue de la femme ne produit pas sur ses sens la moindre impression ; celui qui est au quatrième n'éprouve c^ans son cœur aucun mouvement impur, même involontaire, quand il est éveillé ; au cinquième degré, le souvenir de tout ce qui a trait au sexe ou à la génération ne provoque pas de trouble dans son esprit et dans ses sens ; au sixième, son sommeil n'est agité par aucun songe impur *. Le moine est alors délivré des accidents qui souillent le corps de l'homme pendant la nuit'. Saint Basile refusait de voir dans ces phénomènes le moindre péché. Geux qui les ont éprouvés, pensaitil, doivent s'abstenir de communier par respect pour la divine Euharistie. L'homme et la femme peuvent se mettre à l'abri de cette faiblesse de la nature par une foi très vive. L'évêque de Gésarée dit en avoir trouvé à qui Dieu faisait cette grâce *.

Pour atteindre cette chasteté parfaite, il ne suffisait pas au moine de pratiquer des jeûnes extraordinaires. Le repentir de ses fautes, la prière persévérante, la méditation des Ecritures, la connaissance expérimentale de la science du salut, des occupations continuelles, de préférence le travail des mains, qui combat l'instabilité de l'esprit et du cœur, et par-dessus tout une profonde humilité, tels étaient les moyens que conseillaient les maîtres de la vie intérieure 5.

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