yerba Seniorum, P. L., LXXIII, 580 et s
sur un corps entier la responsabilité de ces chutes individuelles. Le monachisme n'a rien à voir dans la conduite des faux moines ni dans les accusations calomnieuses que des hommes pervers cherchaient à accréditer contre de vénérables serviteurs de Dieu*. La faiblesse naturelle qui suit l'homme jusque dans les solitudes les plus profondes suffit pour expliquer ces oublis du devoir. Ils se présentaient alors d'autant plus facilement que l'Eglise n'avait pas réuni, autour des chrétiens voués à la recherche de la perfection évangélique, ces mille précautions qui, en les protégeant contre eux-mêmes et contre les séductions de la vie, les mettent à l'abri de bien des écarts. Pour voir dans ces fautes une sorte d'épidémie et pour lancer contre les moines de cette époque des accusations analogues à celles que renferme l'introduction d'Amelineau à l'Histoire de saint Pakhôme et de ses communautés^, il faut être obsédé par le besoin de plaider une cause personnelle et par le plaisir de combattre à outrance le célibat ecclésiastique ou monacal. M. l'abbé Ladeuze a fait justice de toutes ces insinuations \
Le célibat perpétuel n'était pas la seule obligation du moine ; il devait en outre mener la vie d'un pauvre. L'amour divin, qui le portait à quitter le monde, extirpait de son cœur le désir de posséder les biens temporels*. II abandonnait sans réserve ce que son père lui avait laissé ou ce qu'il avait pu acquérir par son propre travail, le jour où il embrassait la vie monastique. Par ce renoncement absolu, le religieux consacrait au Seigneur tout ce qu'il pouvait avoir, en même temps qu'il lui donnait sa personne et tout ce qu'il était 5. De la sorte, il s'élevait au-dessus du monde et, pour ainsi dire, au-dessus de son propre corps. Cette pauvreté lui valait un trône dans les cieux. Dieu lui-même devenait son patrimoine 6,
1. Âpophlegmata Patrum,?. G., LXV, 310. Verha Semorum,?.L.,LXX\\\. ']']<).