‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 144 sur 520 · Id., Oratio, vi, P. G., XXXV · texte numérisé non relu

Id., Oratio, vi, P. G., XXXV

C'était une fortune renfermée dans le secret de son âme, que nul ne pouvait lui ravir*.

Cette loi de la pauvreté monastique a son fondement dans l'Evangile. Ces paroles de Notre-Seigneur au jeune homme : « Va vendre tout ce que tu possèdes et e^' distribuer le prix aux indigents 2», semblent avoir retenti aux oreilles de tous les candidats au monachisme comme à celles de saint Antoine. Le patriarche des moines égyptiens, docile à cette prescription du Sauveur, distribua tous ses biens, à la réserve de ce- qu'il fallait pour assurer l'avenir de sa sœur'. Son exemple fut suivi par la grande majorité des moines^. Ce dépouillement absolu les mettait en possession de la béatitude promise aux pauvres d'esprit s. On ajoutait peu d'importance à la quantité de fortune sacrifiée. Ce n'était pas sans motif. Que sont, en effet, les biens de la terre ? Les hommes les prennent néanmoins, en considération. 11 était à craindre que certains religieux ne s'estimassent supérieurs à leurs frères parce qu'ils avaient eu des richesses, à distribuer, comme si des choses étrangères à l'homme étaient capables d'augmenter sa valeur morale 6. Les saints demandaient avant tout que la pauvreté monastique fût acceptée et embrassée de grand cœur. Ce sentiment généreux mettait toutes les vocations sur le même pied. Celui -qui avait un patrimoine s'en débarrassait; celui qui ne possédait rien était affranchi de cette nécessité; l'un et l'autre se vouaient à un état de complet dépouillement, afin de suivre le Christ. Ce n'était pas une chose facile. Mais qu'importaient ces difficultés à qui mesurait la grandeur des avantages promis et de la récompense future '^ ?

Il se trouva des chrétiens qui eurent besoin d'une vertu extraordinaire pour accomplir ce premier sacrifice. Un jeune homme fort riche voulait se faire moine, mais des tentations violentes l'empêchaient d'exécuter son dessein. Elles ne parvinrent pas cependant à le décourager. Un jour qu'il se sentait harcelé plus que de cou-

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