S. Basile, Reg. hrev. tract., int. 143. Ibid
l'obéissance et la hiérarchie monastique 183
motif quelconque ne lui permettent point d'être à la tête de ses frères. Cet oificier maintient alors la discipline, kit les conférences, reçoit les hôtes et gouverne la maison. Le supérieur, pour le choisir, a demandé l'avis des hommes graves et prudents 1 qui forment son conseil. Ces religieux, qui sont les anciens de la maison, jouissent d'une grande autorité morale. Ils ont le droit et le devoir d'adresser à l'hégoumène des observations et des reproches si sa conduite privée ou publique le demande. Celui-ci les convoque pour demander leur avis toutes les fois que les intérêts du monastère sont enjeu*.
Cette organisation du pouvoir et du service mutuel dans les communautés religieuses de l'Orient est assez primitive. Mais les législateurs des époques suivantes, poussés par le développement du monachisme et guidés par leur connaissance des hommes, sauront lui donner le développement et la perfection qu'elle comporte 3.
Les monastères ainsi constitués ne restent pas dans un complet isolement les uns par rapport aux autres. On les voit se venir en aide et se communiquer les ressources dont ils peuvent avoir besoin. La Libye est une province aride; ses habitants sont dans une pauvreté extrême, Les religieux qui y ont fixé leur séjour manquent parfois du nécessaire. Ceux qui vivent en Egypte près de la vallée du Nil possèdent, sans être riches, des provisions abondantes. Ils n'hésitent pas à leur envoyer charitablement de quoi vivre ^.
Les ermites d'une région se groupent d'instinct autour du solitaire qui pendant le IV^ siècle a jeté dans le pays les fondements de la vie religieuse. La fidélité aux enseignements du saint fondateur établit parmi eux une certaine unité d'observance et une fusion des cœurs. Tel fut saint Antoine dans toute une partie de la haute Egypte et de la basse Thébaïde. Ce vaste groupe anacho-