Pallade, //fs^ latis., 10, P. G., XXXIV
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rétique ne présente , rien qui rappelle même de loin rorganisation des Ordres modernes. Quelques visites du patriarche et un va-etvient continuel des moines autour de sa cellule sont les moyens qui maintiennent l'union. L'autorité qu'exerce saint Antoine est toute personnelle. Il l'emporte avec lui dans le tombeau.
Saint Hilarion, son disciple et son émule en Palestine, est le père et le chef de la multitude des moines recrutés par lui.. Tous les ans, pour les stimuler à la pratique de la vertu et à la recherche de la perfection, il les visite dans leurs cellules avant l'époque des vendanges. L'itinéraire qu'il doit suivre et les haltes qu'il fait sont fixés et connus d'avance. Afin de le posséder plus longuement, les ermites se portent au-devant de lui et l'accompagnent après son départ. Au dire de saint Jérôme, cette escorte monacale s'élève au chiffre extraordinaire de deux mille hommes. Les habitants du pays que traverse Hilarion lui offrent, ainsi qu'à son cortège, les aliments dont ils ont besoin ^
Les populeuses agglomérations monastiques de Nitrie et de Scété ressemblent beaucoup plus à des congrégations qu'à des monastères isolés. Mais il faut aller jusqu'en haute Thébaïde pour rencontrer une congrégation avec son organisation et son fonctionnement régulier. Saint Pakhôme en est le créateur. Tous les monastères qu'il fonde ou qui se rangent sous son obéissance adoptent les règles observées à Tabenne. Il est le chef, le père commun de toutes les communautés. Tabenne est au début le lieu de sa résidence. Il le transporte bientôt à Phbôou, dont la situation est plus, favorable. C'est là que se trouve l'administration commune de tous les monastères, on dirait aujourd'hui la maison-mère ou le chef-lieu de l'Ordre. Il y a une sorte de procure générale avec un économe qui centralise les produits de chaque maison et les pourvoit de ce qui leur peut manquer. Deux fois l'an, à Pâques et durant le mois d'août, lorsque la moisson est finie, tous les frères s'y assemblent pour former une sorte de chapitre général. Pendant la première réunion, les moines tabenniotes célèbrent en commun la Résurrection du Sauveur, et les catéchumènes élevés dans leurs monastères reçoivent le baptême. La. seconde a un caractère plus administratif. Les coupables reçoivent le pardon de leurs fautes ef d'utiles avis. Ceux que des différends séparent échangent des expli-
I. s. Jérôme, yUa S. Hilarionis, c. m. ActaSanct. Oct., t. IX, 51. Cf. De Buck, Annolationes, ibid., 32-^4.
l'obéissance ET LA HIÉRARCHIE MONASTIQUE 185
cations, choisissent un arbitre et font la paix. L'économe général réclame les comptes de toutes les maisons. Lé supérieur prend les mesures exigées par le gouvernement de la congrégation et des monastères particuliers ; il nomme, s'il y a lieu, les supérieurs, les prieurs et les économes locaux 1.
: Le bien des individus et des communautés nécessite parfois ces changements, qui permettent de supprimer et même d'éviter de nombreux abus. Théodore, qui gouvernait la congrégation dans le même esprit que Pakhôme, son maître, s'aperçut que des supérieurs s'attachaient à leur monastère avec des sentiments trop naturels. On eût dit des propriétaires. Quand arriva l'époque des grandes réunions, il leur tint ce langage : « J'entends dire que vous prononcez des paroles perverses. Quelques-uns disent : Ce couvent est à moi. D'autres disent : Ceci est à moi. Or, désormais, qu'il n'y ait plus rien de semblable ici. Mais si vous êtes vraiment préparés de tout votre cœur à être des abstinents à la manière de notre juste père, eh bien ! que chacun de vous confesse et dise : Moi, je ne suis point hégoumène de ce couvent, mais nous sommes prêts à nous soumettre à toute chose qu'on nous ordonnera. » Ce qu'ils firent avec une simplicité parfaite. Théodore les laissa à Phbôou vivre comme dés moines, et il s'en alla faire la visite de leurs monastères. Quand il fut de retour, il assigna une nouvelle résidence à chacun d'eux. Pour prévenir ces désordres, il ne- manqua plus d'opérer quelques changements à toutes les réunions ^ • Ces assemblées avaient l'inappréciable avantage de maintenir la paix entre les monastères et l'ordre dans la congrégation. Les religieux en. profitaient pour se connaître et pour resserrer les liens d'amitié fraternelle qui les unissaient. C'était du reste l'un des buts que leur assignait Pakhôme dans une lettre de convocation" adressée aux frères ^ Grâce à cette confédération, les monastères se rendaient facilement service les uns aux autres. Par exemple Tabenne fournissait aux moines de Phbôou, qui n'avaient pas de boulangerie, leur provision de pain*.
Saint Basile n'a pas cherché à faire un corps des communautés soumises à sa règle. 11 leur demande seulement d'avoir des rela-
1. VitaS. Pachomii, ActaSanct. Mali, t. III, 516-317. Vie copte de S. Pakhôme, A. D. M. G., Vin, ioi-rp4. Cf. Ladeuze, ouv. cit., 286-287.
2. Fragments coptes d'une Vie de S. Théodore, A. D. M, G, t.. VIII, 329-334.