‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 189 sur 520 · Verha Senionim. P. L., LXXIII · texte numérisé non relu

Verha Senionim. P. L., LXXIII

3. Socrate, Hist. eccL, 1. iv, 23. P. G., LXVII, 511. 4; yerha Seniorum. P. L., LXXXIIl, 787.

taire indiscret éprouva bientôt une tentation si violente, qu'il ne se rappelait pas en avoir jamais subi de pareille. Comme il se lamentait devant Dieu et criait du fond du cœur : Seigneur, ayez pitié de moi, une voix retentit aux oreilles de son âme : « Timothée, disait-elle, tu subis cette tentation parce que tu as méprisé ton frère à l'heure de sa faiblesse i. » Dans un autre monastère, un pauvre moine avait commis une faute. L'abbé, ne sachant que faire, consulta un anachorète, qui lui répondit : « Tu n'as qu'à le chasser ». Cette mesure jeta le coupable dans une profonde douleur. Il s'enferma dans une grotte et déclara qu'il y mourrait plutôt que de renoncer à la vie religieuse. Des frères, émus par ses larmes, avertirent l'abbé Pœmen de ce qui se passait. Celui-ci manda le désespéré, qu'il combla de témoignages d'affection pour lui rendre la confiance en Dieu. Ce ne fut pas tout. 11 blâma sévèrement l'ermite indiscret, qui finit par déclarer : « L'esprit de Pœmen habite le ciel, tandis que le mien est sur terre 2. » A Scété, l'abbé Isidore se faisait amener, pour les corriger de leurs défauts et les gagner à une vie sainte, tous les religieux chassés par les anciens dont ils étaient les disciples \

Cette charité compatissante des saints moines eut plus d'une fois l'occasion de.se manifester en faveur de malheureux apostats ou de pauvres victimes des passions honteuses. Il y en eut qui ne reculèrent devant rien pour les ramener à la pratique du devoir. Saint Jean Chrysostome cite quelques exemples remarquables. On se souvient de la peine qu'il se donna lui-même pour son ami Théodore. Dans l'exhortation qu'il lui adressa, il raconte l'aventure . d"un jeune homme. Phénicien d'origine, qui vivait sur les montagnes du voisinage d'Antioche. Ses parents réussirent à. lui faire abandonner sa vocation. On le vit alors quitter la solitude et mener dans la ville une existence fastueuse et libertine. Quelques moines s'attachèrent à ses pas avec l'espérance de le convertir un jour. Leurs efforts ne furent pas inutiles. L'apostat finit par reprendre le chemin de la montagne, où sa ferveur fit promptement oublier sa conduite scandaleuse *.

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