‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 213 sur 520 · Verba senionim, 1. v, 65, P. L., LXXIII · texte numérisé non relu

Verba senionim, 1. v, 65, P. L., LXXIII

l'enseignement ascétique 231

de la contrée. Ceux qui brûlaient du désir d'atteindre la perfection trouvaient dans ces pieuses visites un moyen très efficace de raviver leur ferveur. Le temps qu'ils passaient ensemble était généralement employé de la manière la plus édifiante. Un frère rendait visite à un anachorète. Au lieu de s'entretenir des choses divines ou de prendre quelque nourriture, ils commencèrent par s'inviter mutuellement à louer le Seigneur. Ils récitèrent les cent cinquante psaumes, puis ils lurent les écrits de deux prophètes. La nuit fut absorbée par ces pieux exercices. Lorsque le soleil se fut levé, les deux moines se mirent à causer. Leur entretien roula tout entier sur la vie spirituelle. Telle était l'avidité de leur âme qu'ils ne songèrent point à leur repas 1. C'est là, il faut le reconnaître, un fait qui sort de l'ordinaire. Tous les moines ne montraient pas le même zèle, nous l'avons vu déjà; et l'occasion de le constater se présentera souvent enco'ré. Mais les récits de Cassien, de Pallade, de Rufin, des yerba Seniorum, fournissent des preuves nombreuses et manifestes de la sincérité et de l'ardeur avec lesquelles, un grand nombre recherchaient la parole d'un maître ^ Les voyages que Cassien et son ami Germanus entreprirent à Cet effet sont restés célèbres dans l'histoire du monachisme et de la théologie ascétique. Les anciens qu'ils visitaient ne se rendaient pas facilement à leurs désirs. Il leur fallut parfois insister longtemps pour vaincre leur répugnance et leur donner une preuve évidente de la pureté de leurs intentions.

Il arrivait aux moines qui entreprenaient de ces excursions ascétiques de se rencontrer sur les bords du Nil ou sur un point fréquenté du désert. Syros, Isaïe et Paul, qui allaient visiter l'abbé Anuph, se trouvèrent ainsi près du fleuve en attendant une barque qui pût les transporter. C'était une excellente occasion de s'édifier mutuellement. Ils surent en profiter. « Racontons-nous, se direntils, la vie que nous menons, ef Ta manière dont nous honorons le Seigneur. » Chacun se mit à dire ce qu'il faisait et à raconter des faveurs qu'il recevait de Dieu 3.

Parfois un vétéran de la solitude, au cours d'un voyage, surprenait, par sa visite un moine ou un groupe de frères réunis pour s'édifier. Sa présence causait une joie profonde. Il lui était bien difficile

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