‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 212 sur 520 · Id., 1. VI, 16, col · texte numérisé non relu

Id., 1. VI, 16, col

pas recevoir de salaire? — Non, certes. » Isaïe revint trouver les frères et leur dit : « J'ai fait cela pour vous montrer que celui qui ne travaille pas ne recevra point de récompense de la main de Dieu ' . »

Les anciens ne se pressaient pas toujours de répondre aux questions qui leur étaient posées. Ils avaient besoin de prier pour connaître la volonté du Seigneur.

Deux frères allèrent un jour consulter l'abbé Pambo. Le premier lui dit : « Abba, je passe deux jours sans manger, et je me contente de deux petits pains : penses-tu que je sauve ainsi mon âme, ou suis-je victime d'une illusion?» Le second lui dit : « Abba, je recueille du travail de mes mains deux mesures par jour; j'en garde une partie pour moi, et je donne le reste aux pauvres; penses-tu que je sauve mon âme, ou suis-je victime d'une illusion?» Malgré toutes leurs instances, le vieillard ne disait rien. Ils se disposaient à se retirer après quatre jours d'attente, lorsque des clercs leur dirent de ne point s'attrister, car le saint homme avait l'habitude de ne donner son avis qu'après avoir connu la volonté divine. Encouragés par ces paroles, ils se présentèrent devant l'abbé Pambo. « Prie pour nous, abba, lui dirent-ils. — Vous voulez vous en aller? répondit le vieillard. — Oui. » Pambo fixa sur eux un regard scrutateur; puis il se mit à écrire sur le sol en disant : « Pambo passe deux jours sans manger, et il se contente de deux petits pains; penses-tu qu'il est moine en cela? Non. » Il recommença en disant : « Pambo par son travail journalier gagne deux mesures, et il les distribue aux pauvres; penses-tu qu'il soit moine en cela? Pas encore. » Après quelques instants de silence, il ajouta : « Il est bon de travailler, mais tu ne seras sauvé que si ta conscience ne te fait aucun reproche dans tes relations avec les frères. » Les deux moines se retirèrent heureux et édifiés 2.

Les ermites, pour jouir des entretiens spirituels d'un honime de Dieu, n'hésitaient pas à entreprendre des voyages parfois assez longs. Le plus souvent leurs relations se bornaient aux solitaires

Page 1