S. Jérôme, Ep. 22, P. L
l'enseignement ascétique 233
qu'ils avaient communié et pris leur frugal repas; il les retenait jusqu'à la nuiti.
Les solitaires d'une même contrée profitaient de leurs réunions hebdomadaires du dimanche ou du samedi pour causer de leurs intérêts spirituels. Ceux du Sinaï plaçaient généralement leurs conférences le dimanche après la messe 2. Les Ferba Seniomm parlent d'un groupe composé de sept moines qui habitaient dans le voisinage des Sarrazins. Ils se réunissaient le samedi soir; après avoir pris leur repas à l'heure de None, ils s'asseyaient pour s'entretenir jusqu'à vêpres, c'est-à-dire jusqu'à la dernière heure du jour, des divines Écritures. Ils ne s'occupaient pas plus des choses de la terre que si elles n'eussent jamais existé; le bonheur du ciel, la joie des élus, les châtiments des pécheurs, faisaient toute la matière de leurs conversations 3.
Les conférences des cénobites étaient soumises, comme l'ensemble de leur vie, à la règle du monastère, qui leur assignait un jour et une heure déterminés. Elles faisaient partie du fonctionnement normal de la communauté monastique. Saint Basile ne dit rien du moment où il convenait de les faire. Il se contente de donner de sages conseils à celui qui est chargé d'instruire et d'édifier les moines^. On est bien mieux renseigné sur ce qui se passait dans les monastères de la haute Thébaïde, grâce à la règle de saint Pakhôme et à ses diverses biographies. Le prieur de chaque maison faisait à ses religieux une conférence spirituelle, deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi s. S'il venait à s'absenter, le prieur de la maison voisine le remplaçait pour l'un des entretiens, réservant l'autre pour ses religieux 6. Ces conférences ou catéchèses roulaient sur les Écritures '^ ou sur les obligations de la vie