Ibid., LXXVIII
l'enseignement ascétique 241
Il faut en dire autant de celles qui restent de saint Nil'. Avant de se retirer dans la solitude de Sinaï avec son fils Théodule (v. 590), Nil avait rempli les fonctions de préfet du prétoire à Constantinople. C'est, au dire de l'abbé Batiffol, le plus cultivé des auteurs ascétiques de cette période ^ 11 a l'occasion, dans ses épîtres, de donner sa pensée sur la plupart des vertus religieuses. La patience au sein de l'épreuve et de la tentation, l'assiduité à l'oraison, le recueillement, la fuite du monde, sont celles qu'il recommande le plus particulièrement aux moines. Saint Nil dut maintes fois se lamenter sur le relâchement de la discipline monastique. Personne ne réagit plus que lui contre cette tendance, qui devait amener la ruine morale du monachisme en Orient. C'est le but qu'il poursuit avec un zèle infatigable dans sa correspondance et dans ses traités ascétiques. Nous avons de lui un livre sur la Pratique de la vie religieuse^', un ouvrage sur les vices et les vertus adressé au moine Agathias*, des traités sur 13. pauvreté volontaire^, sur la Supériorité des moines qui habitent dans la solitude^, sur les Vertus qui caractérisent le moine'^, sur les Vices qui leur sont opposés^, sur Les huit esprits de malice^, sur VOraison^^ et sur \eSi Mauvaises pensées ^^.
Saint Nil et saint Isidore de Péluse nous ont amenés sur les frontières de l'Egypte. C'est là que fleurit surtout la litttérature ascétique, avec Macaire, Isaïe, Evagre, Orsise, Cassien. On trouve dans les cinquante Homélies ou conférences de Macaire 12 toutes les formes
1. p. L., LXXIX, 81-853. Elles sont au nombre de 1061. Il serait nécessaire de donner une édition critique des correspondances dç S. Nil et de S. Isidore.