‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 234 sur 520 · Cassien, Inst., 1. I · texte numérisé non relu

Cassien, Inst., 1. I

l'histoire est celle du premier ermite Paul; il l'avait tressée de ses propres mains avec des feuilles de palmier. Quand il fut mort, saint Antoine l'emporta comme une relique précieuse, pour s'en revêtir aux deux grandes fêtes annuelles de Pâques et de la Pentecôte ^ Antoine avait un costume fort simple : une tunique de poil de chameau ou cilice lui couvrait le corps. 11 portait en outre un manteau et deux mélotes. En mourant, il légua, comme gage de son affection, l'une de ses mélotes à saint Athanase, et l'autre à l'évêque Sérapion. 11 avait lui-même reçu du Patriarche d'Alexandrie un manteau neuf, qu'il conserva jusqu'à la fin de ses jours^ Ce n'est pas le seul pallmm ou manteau qu' Athanase lui eût donné. Le vétéran des anachorètes, Paul, lui demanda, av^ant d'expirer, comme une insigne faveur, de l'ensevelir dans l'un de ceux qu'il tenait d'un pontife aussi vénéré. Antoine s'empressa de déférer à ce désir 3. Les vêtements dont un grand serviteur de Dieu avait usé ou qu'il avait donnés à quelqu'un en signe d'amitié participaient, croyait-on, à sa propre vertu. Il semblait que, en les revêtant, on se couvrît de son souvenir, de sa sainteté et de ses enseignements^.

La mélote, telle que la portait saint Antoine, joue un grand rôle dans la vie des solitaires égyptiens. Elle était faite avec des peaux conservant leur laine, ou encore avec des fragments de peaux cousus ensemble, de manière à couvrir les épaules et la partie supérieure du buste. Celle de saint Antoine était confectionnée avec la dépouille d'un mouton. Son disciple, Paul le Simple, en portait une de peau de chèvre^. On ne s'en servait point dans la cellule ou dans le monastère. Les solitaires la prenaient dès qu'il leur fallait sortir pour entreprendre un voyage^. La coutume voulait qu'ils prissent en outre un bâton. Les vieillards en avaient toujours un pour appuyer leur démarche. Ils obéissaient tous en cela à un motif plus élevé que l'utilité pratique. Cet usage leur venait-il des philosophes grecs? On ne saurait le dire. Les moines lui attribuaient

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