Verba Senionim,?, h., LXXIII
une origine biblique, et lui prêtaient, suivant leur coutume, unsymbolisme pieux ^
La tunique n'était pas d'ordinaire faite avec du poil de chèvre ou de bouc, comme les cilices. Saint Antoine et quelques solitaires en ont eu, il, est vrai, de confectionnées ainsi. Mais cette étoffe rude et grossière, qui convenait à des pénitents, avait l'inconvénient de trop attirer l'attention des hommes. Il n'en fallait pas davantage pour que les anciens évitassent, en règle générale, de s'en servir. Ils préféraient l'emploi de la matière commune avec laquelle les gens du peuple faisaient leurs habits \ C'était ordinairement de la toile. Les moines de l'Egypte avaient une seconde tunique plus courte et faite avec une toile plus fine. On la nommait le colobion. Ce vêtement, blanc, était muni de manches qui ne dépassaient jamais les coudes. II ressemblait à l'ancienne tunique des sous-diacres. Cassien, qui ne donne sur son usage aucun renseignement, dit qu'elle signifiait la mort au monde et à soi-même, dont faisaient profession les solitaires 3.
Tous ceux qui revêtaient une tunique, même les séculiers, avaient coutume de la retenir autour des reins à l'aide d'une ceinture. De cette nécessité, les religieux s'élevèrent facilement à des considérations d'un ordre supérieur. La peau d'animal mort avec laquelle on la faisait leur rappelait la mortification qui devait envelopper leur existence tout entière. L'allure militaire et la liberté de mouvement qu'elle leur donnait les invitaient à une obéissance plus prompte et plus généreuse '*. Au dire de Palladê, certains religieux avaient une ceinture de lin 5.
Ils portaient en outre une sorte de corset, que les Grecs nommaient àvaXàpouq. Le vestiaire des moines occidentaux ne présentait rien d'équivalent. Aussi, pour le désigner, Çassien dut-il recourir à divers mots latins, tels que suhcinctoria, redimicula, rebraccUatoria. II entourait le cou, descendait en avant et en arrière, se divisait sur les deux côtés pour laisser leur liberté aux bras et se rejoignait au-dessous des aisselles en forme de ceinture, de manière à entourer le buste. Ce vêtement facilitait beaucoup, paraît-il, le travail corporel 6,