‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 245 sur 520 · Id., XXVII · texte numérisé non relu

Id., XXVII

Antioche les importantes fonctions de consul, avait rapporté de Perse une tunique. Pensant lui être agréable, il l'offrit au moine Aphraates, originaire de cette contrée. Mais l'homme de Dieu craignit, en l'acceptant, de sortir de la simplicité qui convenait à sa profession; il préféra garder celle qu'il portait depuis seize ans^.

Les moines syriens, contemporains de Théodoret, protégeaient habituellement leurs pieds par des chaussures, puisque cet auteur cite comme extraordinaire l'exemple d'Abbas de Télédan, qui ne voulut jamais s'en servir^ Celles de Zenon étaient si usées qu'il lui fallait relier entre eux. les morceaux disjoints 3. Le bâton n'avait pas chez eux le même usage qu'en Egypte. Les vieillards seuls s'en servaient pour soutenir leur démarche^. Les vêtements d'un solitaire qui avait pratiqué des vertus héroïques étaient l'objet d'une pieuse vénération. Théodoret, 'qui avait reçu le vieux, manteau de l'abbé Jacques, ' le mettait sous sa tête durant son sommeil. Cela suffisait, affirmait-il, pour le protéger contre les attaques du démon^. Pierre le Galate avait ceint avec une moitié de sa ceinture de lin, qui était trop longue, le même Théodoret, qui put faire des miracles avec ce précieux souvenir 6.

Le costume monacal en Asie Mineure n'était ni moins pauvre ni moins austère qu'en Syrie et en Egypte. La tunique grossière, la ceinture rugueuse et les chaussures épaisses des premiers moines eusthatiens, dont saint Basile fit la rencontre, produisirent sur son esprit une vive impression, qu'il rappelait de longues années plus tard^. Il tenait lui-même, au début de sa vie monastique, à égaler tout au moins leur austérité sur ce point. Que l'habit soit négligé, sordide, écrivait-il à son ami Grégoire de

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