‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 246 sur 520 · S. Basile, epist. 227, P. G., XXXII · texte numérisé non relu

S. Basile, epist. 227, P. G., XXXII

Nazianze. La ceinture doit retenir la tunique autour du corps; mais il ne faut pas l'attacher au-dessus des hanches, comme les femmes; celui qui ne la serre pas assez, de manière à laisser les plis flottants, donne un signe de mollesse. Il suffit que le vêtement protège le corps contre les rigueurs de l'hiver et les ardeurs de l'été. Que sa couleur ne flatte point les yeux. L'étoffe ne doit être ni fine ni molle. La tunique sera assez épaisse pour dispenser de porter un autre habit. Que la chaussure soit de matière solide et d'aussi bas prix que possible. Le législateur des moines de Cappadoce exprime toute sa pensée en ces derniers mots : Que l'on se contente du nécessaire 1.

Il la complète au cours de ses deux règles, mais en la tempérant par la discrétion que lui avait donnée une longue expérience. « Quel est l'habit décent que prescrit l'Apôtre? se demande-t-il à lui-même. — Celui qui répond aux besoins de chacun, en tenant compte de la saison, du climat, des personnes et des nécessités qui proviennent de circonstances particulières ^ » « Il faut se régler, dans les choses dont on use, dit-il ailleurs, 'd'après les exigences de l'inévitable nécessité. Tout ce qui dépasse cette mesure provient soit de l'avarice, soit de la volupté, soit de la vaine gloire'. On doit réduire ses besoins autant que possible et choisir ce qu'il y a de plus pauvre, sans dépasser en rien le but qu'impose la nature; le moine n'a qu'à vêtir sa nudité et ■ à protéger ses membres contre les intempéries. Chercher le superflu serait tomber dans les pièges que tend la vanité. Inutile d'avoir des habits de rechange pour la nuit ou. pour se présenter aux yeux des hommes. Le costume du moine, par sa matière, sa forme et sa couleur, est la manifestation extérieure du genre de vie qu'il professe. Comme tous les frères poursuivent la même îln, il leur est bon, autant que faire se peut, de porter les mêmes habits". » Dans chaque maison, un officier, chargé du vestiaire, fournissait à chacun ce dont il avait besoin. Si la rigueur du froid, en hiver, nécessitait une tunique plus chaude, lui seul pouvait la donner. Il n'était jamais permis à un religieux de donner ou de demander un habit à ses confrères^.

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