‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 265 sur 520 · Rufin, Hist. monach., XXIX, P. L., XXI · texte numérisé non relu

Rufin, Hist. monach., XXIX, P. L., XXI

assez long trajet pour renouveler leur provision. Dans le but d'épargner cette fatigue aux frères, l'abbé Moïse remplissait discrètement leurs cruches à leur insu pendant la nuit i. Quelques-uns rapportaient un vase plein d'eau chaque dimanche en revenant de l'église. C'était tout ce qu'ils dépensaient dans le cours dé la semaine *.

. Il n'était pas toujours facile d'extraire l'eau d'un puits. Certains solitaires étaient fort ingénieux pour diminuer leur peine. Postumianus en rencontra un dans la haute Thébaïde, à douze milles du .fleuve, qui avait installé, pour monter l'eau, une roue mise en mouvement par un bœuf 3.

La fatigue à laquelle beaucoup s'exposaient pour se procurer une boisson indispensable la leur rendait fort précieuse. 11 ne faut donc pas être surpris du soin qu Ils j mettaient à la conserver. Cassien eut occasion de conférer avec des anachorètes qui habitaient le Delta. Ils avaient à faire une course de trois milles sur des collines sablonneuses pour trouver de l'eau potable. Aussi, remarque l'auteur des Conférences, les hommes du monde n'étaient-ils pas plus avares de leurs vins les plus estimés^. Le solitaire Ptolémée, qui aurait dû franchir une distance de dix-huit milles, voulut s'épai^ gner cette corvée. Dans la région du désert o\i était sa cellule, il tombait durant les mois de décembre et de janvier une rosée abondante. Le saint homme rernplissait alors des récipients qu'il s'était procurés. Cela lui suffisait pour l'année entière 5. On comprend, avec cette pénurie d'eau, que des ermites soient morts de soif dans leur cellule ou en voyage 6.

Les moines ne pouvaient pas aisément creuser des puits dans les solitudes rocailleuses du Sinaï et de la Palestine. Si par hasard ils l'eussent tenté, ils n'auraient jamais rencontré une veine d'eau. Quand leur habitation se trouvait éloignée d'une source ou d'un .ruisseau, il leur fallait creuser une citerne, et recueillir ainsi les eaux pluviales'^, car tous ne pouvaient pas, comme Théodore d'An- ' tioche, recourir au miracle pour conduire l'eau dans leur monastère».

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