‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 3 sur 520 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

à exercer leur activité intellectuelle sur le monachisme oriental. Ils auront des émules. Dieu veuille qu'ils soient, au moins quelquesuns, de première force. Les sources coptes et syriaques, explorées avec ordre, leur fourniront peut-être le moyen de combler des lacunes laissées ouvertes par les documents grecs et latins. Quand une génération d'érudiis aura travaillé patiemment ces deux premiers siècles du monachisme oriental, on pourra songer à écrire son histoire.

Les Moines d'Orient n'ont pas, comme ces deux mots risqueraient de le faire croire, la prétention d'être une série de tableaux où se refléterait l'existence des principaux Pères du désert. Non, ils n'aspirent pas à donner aux Moines d'Occident un livre frère.

Le but de leur auteur est beaucoup plus simple.

Les circonstances lui ont fait de bonne heure un devoir d! étudier lui-même et d'enseigner aux autres la Règle de saint Benoît. Les nombreux commentaires de l'œuvre du Patriarche du Mont-Cassin lui ont semblé, malgré leur valeur respective, bien confus et peu propres à la mettre dans tout son jour. Comme la vie et les écrits des Pères du désert sont, après les divines Ecritures, la source d'où dérive toute vie monastique, et que saint Benoît leur a manifestement emprunté sa doctrine- et la plupart de ses institutions, il n'a pas cru mieux faire que de se placer lui-même à l'école de ces maîtres autorisés, dont son patriarche et législateur s'est constitué le disciple humble et intelligent. C'était le meilleur moyen d'étudier en sa compagnie la tradition monastiqtie qui l'avait devancé et dont il fut l'héritier et le docteur très sûr.

Un travail sur la vie bénédictine paru antérieurement lui avait fourni l'occasion d'exposer son but et le plan qu'il espérait suivre^ Préparer un commentaire historique de la Règle bénédictine était l'unique lin de ses recherches. Il s'est trouvé bientôt en possession de renseignements nombreux et variés, empruntés à tous les monuments de l'antiquité ecclésiastique où l'on peut trouver quelques traces de la manière d'être, de vivre, d'agir et de penser des moines orientaux. Fallait-il reléguer ces notes dans le silence jusqu'au jour où des investigations semblables à travers la tradition monastique de l'Occident l'auraient mis à même de dominer, soit le commentaire projeté, soit une histoire des institutions monastiques? Ne valait-il pas mieux utiliser ces matériaux pour exposer aussi fidèlement que possible le genre de vie que menaient les premiers moines d'Orient?

i. Le Moine Bénédictin, 2° éd., p. 78-79.

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