‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 301 sur 520 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

La prière et la liturgie

Saint Athanase a tracé un intéressant tableau de la vie des premiers disciples de saint Antoine. Leurs monastères ressemblaient à des tabernacles habités par des chœurs célestes d'hommes appliqués sans relâche à la psalmodie, à l'étude, au travail, au jeûne, à la prière, à l'allégresse que donne l'espérance des biens à venir, à l'exercice de la miséricorde envers les pauvres, à la charité mutuelle. On eût dit une oasis séparée du reste du monde, où régnaient constamment la justice et la piétés La prière était au premier rang des occupations qui remplissaient leurs journées. 11 en était ainsi dans tous les centres monastiques de l'Orient. Quelques-uns même faisaient à ces entretiens avec Dieu la part la plus large possible. Aux yeux de tous, il n'y avait pas dans la vie d'exercice plus important.

Evagre remarquait que Dieu avait manifesté sa volonté sur ce point avec une insistance particulière. Il ne nous a pas prescrit, disait-il, de travailler toujours, de veiller et de jeûner continuellement; cela eût dépassé les forces humaines. Mais, quand il s'est agi de l'oraison, qui est une occupation de l'âme, il a recommandé de s'y livrer sans relâche ^ C'est que la prière, d'après la doctrine de saint Nil, est comme la respiration de l'âme ; il ne faut jamais l'interrompre, car l'âme a toujours besoin de faire monter vers le ciel l'expression de ses désirs intimes 3. Le cœur du moine, écrit le

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