S. Nil, 1. m, ep. 159, P. G., LXXXIX
même saint, est un autel sur lequel il offre l'encens d'une prière très purei. L'oraison est, en effet, la. mère de toutes les vertusi; elle ne se borne pas à purifier l'âme du moine ; elle lui fournit encore un aliment dont elle ne pourrait se passer ; elle l'illumine ; à l'instar du soleil, elle inonde de sa splendeur tous ceux qui se tiennent à sa portée 1. Elle est semblable au feu, qui communique ses énergies au fer, de telle sorte qu'il devient impossible de le toucher s.
Saint Grégoire de Nysse., qui traite avec tant de profondeur et de vérité de tout ce qui concerne la vie intérieure, représente la prière comme la reine du chœur des vertus; sa sainteté mystérieuse, son action spirituelle, son inénarrable impression, unissent au Seigneur celui qui s'y adonne avec persévérance et ferveur. Il finit par ne plus éprouver le moindre dégoût ; le désir du bien ne fait que s'accroître dans son âme; il savoure les douceurs d'une joie intime qui est l'avant-goût de la béatitude éternelle*. Saint Ephrem ne s'étend pas avec moins de complaisance sur l'oraison qui doit accompagner le moine partout : au travail, en voyage, pendant ses repas, même durant son sommeil 5.
La persévérance dans la prière n'était pas évidemment à la portée de tous les moines. Ils n'avaient ni les mêmes grâces ni les mêmes aptitudes. On serait dans l'illusion, si l'on envisageait la généralité des religieux à travers ces enseignements et quelques exemples extraordinaires. Cette perfection était un but qu'ils se proposaient d'atteindre. Aussi lui donnèrent-ils dans leur vie, en Egypte, en Syrie, en Palestine, partout, une place fort importante. Leurs écrits, parvenus jusqu'à nous, renferment sur ce sujet des enseignements variés où se manifestent une expérience consommée et une grande connaissance du cœur humain. Le Moyen-Age a vécu de leur doctrine; de nos jours encore, elle reste à la base de l'enseignement ascétique et mystique.