‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 320 sur 520 · Cassien, !ust., 1. m, n · texte numérisé non relu

Cassien, !ust., 1. m, n

LA prière' et la liturgie 33"9

nonçaient leurs lèvres étaient l'objet de ses attaques. Quand arrivait la fin, la fatigue, facile à comprendre^ dégénérait en somnolence i. Quelles que fussent les causes de cette torpeur, ceux qui la voyaient envahir un frère prenaient un moyen qui fût de nature à la secouer. Quelques-uns poussaient parfois le zèle beaucoup trop loin. Des hommes, en qui. ne dominait pas la discrétion, demandèrent à l'abbé Pœmen s'ils devaient éveiller les frères qui dormaient pendant l'oifice^. C'était une excellente occasion de leur donner- un sage conseil. Il le fit de la manière suivante : « Lorsque je vois un frère dormir, leur répondit-il, je place délicatement sa tête sur mes genoux, et je l'aide à sommeiller 2. »

Mais si la faiblesse humaine exerçait son empire sur un certain nombre de moines, il y en avait d'autres qui se disaient un devoir et presque un honneur de réduire sur ce point le plus possible les impérieuses exigences àé la nature. Parmi les anachorètes du désert des Cellules, les plus fervents aimaient à passer la nuit sans dormir. Tantôt ils se tenaient debout, tantôt ils restaient assis, pour vaincre le sommeil plus aisément. Leur office durait alors la nuit entière 3. L'abbé Macîùre voulut se rendre compte par luimême de la vertu de deux jeunes moines, ses disciples. Il accepta l'hospitalité dans leur cellule. Au milieu. de la nuit, quand il se réveilla, les frères firent semblant eux aussi de sortir du sommeil pour célébrer les vigiles ensemble. Mais en réalité ils n'avaient pas fermé l'œil de la nuit*. Les disciples de l'abbé Àpollonios s'imposaient souvent la même privation. Les uns s'enfonçaient dans le désert, où ils récitaient de mémoire ce qu'ils savaient des divines Ecritures; les autres restaient au lieu où ils avaient pris leur repas et reçu les enseignements du saint pour chanter ensemble des psaumes et des hymnes jusqu'au retour de la lumière 5. En Palestine, le solitaire Elpidios passait des nuits entières chantant debout les louanges du Seigneur 6. On trouve la même ferveur chez certains moines de Syrie et de Cappadoce'''. Ces veillées saintes avaient lieu surtout pendant la nuit du samedi

i. s. Ephrem, Parcen., op. gr., t. 11, 95-97.

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