Pseudo-Athanase, De Virgiintate, P. G., XXlll
9. Quœ dicitis in cordihis vestris, in cubilihus vestris compiiiigimim. Ps. 4, 5. Est-il permis de conclure que ce psaume se récitait aux vêpres dans les monastères de Cappadoce ?
le psaume 90, qui avait déjà sanctifié la réunion du milieu du jour'. Cet office que nous nommerions aujourd'hui complies était en usage àTabenne*, où les moines récitaient six psaumes et six oraisons, comme à vêpres, avant de se coucher. C'était du reste une coutume chère à la piété monastique que de se préparer immédiatement par la prière au repos de la nuit. L'abbé Isaïe voulait même que ses religieux passassent deux heures entières à prier Dieu \
Les moines s'acquittaient de cette liturgie même pendant leurs voyages. S'ils recevaient rhospjt^lité dans un monastère ou dans, une cellule d'ermite, on les réveillait au milieu de la nuit pour prendre part aux vigiles. L'honneur de réciter certaines oraisons était réservé aux hôtes. Ailleurs ils récitaient seuls ou avec leurs compagnons de route les psaumes aux heures régulières. Marc nous apprend, que saint Porphyre, plus tard évêque de Gaza, conformément à cette pieuse coutume, se levait, durant un voyage, au milieu de la nuit pour célébrer avec son disciple l'office nocturne''*. Saint Basile voulait que les frères retenus loin de la communauté soit par un voyage, soit par un travail ou pour tout autre motif, récitassent les prières liturgiques au lieu même où l'heure les surprenait 5.
Les anachorètes, qui vivaient isolés, n'avaient pas à quitter leur cellule pour vaquer à la louange divine. II en était de même, les jours ordinaires, dans les groupes érémitiques de Scété, deNitrieet du Sinaï. Les cénobites se réunissaient en général dans un oratoire. Mais tous les moines, dans les villes surtout, n'avaient pas d'oratoire à eux. Ils se rendaient alors dans une église de la localité aux heures de la prière commune et participaient aux offices de la communauté chrétienne. Saint Cyrille de Jérusalem les voyait parmi
1. s. Basile, Reg. fus. tract., int. ^7, col. 1015. Cf. P. Pargoire, Prime et Compiles. Revue d'Histoire et de Littérature religieuse, sept.-oct. 1898, 464-
2. Pacbomii régula, 155, Cf. 126 et 186, Cf. Ladeuze, 279, P. L., XXllI.
3. Isaïœ, Oratio IV, P. G., XL, 1 14 ; Reg. 57, P. L., ClII, 432.