yerba Seniorum, P. L., LXXIII
célébrer d'une manière spéciale la journée du dimanche, et, en général, celle du samedi i. Ils ne se mettaient pas à genoux, par honneurpour la Résurrection, dont le dimanche conserve le souvenir; et ils acceptaient quelques adoucissements à leur régime habituel. Les travaux ordinaires leur étaient interdits, afin, de leur permettre de vaquer plus librement à l'oraison et aux lectures saintes 2. Tous assistaient à la messe et se conformaient aux rites des communautés chrétiennes au milieu desquelles ils vivaient. Hn Palestine et en Mésopotamie, cette réunion leur tenait lieu des offices de fa troisième et de la sixième heure \ Les ermites de Nitrie, de Scété, du Sinaï et d'ailleurs s'assemblaient au centre du groupe; ils participaient à la liturgie vers la troisième heure, entendaient une conférence et prenaient leur repas en commun *. Certaines fêtes locales réunissaient encore les solitaires d'une même contrée. Ils suivaient alors les mêmes usages que le dimanche s. Silvie se rencontra à Charca en Mésopotamie au inilieu d'une assemblée de cette nature 6. Quelles que fussent leurs règles particulières, les moines s'associaient à la vie catholique, en solennisant les saisons de l'année marquées par le souvenir de nos mystères. Le Carême tenait, en particulier, une place importante dans leur existence et dans leurs exercices ascétiques. Ils pratiquaient alors des austérités plus grandes. Certains s'astreignaient à une retraite plus rigoureuse"^. Saint Euthyme, quand il était encore moine de Pharan, s'enfonçait dans le désert le jour de l'octave de l'Epiphanie, pour en sortir seulement le jour des Rameaux s. Un -carême de saint Grégoire de Nazianze a laissé dans la littérature chrétienne des traces intéressantes. 11 voulut, après son retour de Constantinople (382), le passer dans un silence absolu. De fait, durant toute cette période, il réussit à ne proférer aucune parole. Une visite à l'abbé Eulalios et à son monastère de Lamis ne put le faire sortir de son mutisme 9.
1. Cf. Duchesne. Les Origines du culte chrétien, i" écjjt., 220-221.