‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 333 sur 520 · P. L., XXIH · texte numérisé non relu

P. L., XXIH

4. S. Jérôme, Prcefatio in regulam S. Pacboimi, P. L., XXIII, 68. Tillemont, t. VU, p. 178.

y-)2 LES MOINES D ORIENT

tenaient une place trop importante dans la vie des moines orientaux pour qu'il soit possible de n'en rien dire ici. Leur foi en la présence réelle ne peut soulever aucun doute. Les faits qui vont être rapportés en fournissent la preuve évidente. Les Verha Seniorum parlent d'un solitaire, pauvre d'esprit, qui s'éloignait sur ce point du sentiment commun : « Le pain que nous recevons, disait-il, n'est pas le corps du Christ, ce n'est que sa figure. » Deux anciens voulurent le guérir de son incrédulité. Ils allèrent lui rendre visite. « Abba, lui dirent-ils, nous avons appris les discours d'un infidèle, qui soutient que le pain que nous recevons n'est pas le corps réel du Christ, mais sa figure. -^ C'est moi qui ai tenu ce langage, répondit franchement le solitaire. — Père, ne pense pas ainsi; accepte plutôt l'enseignement de l'Eglise catholique ; nous croyons, nous, que ce pain est le corps du Christ, et que le calice contient son sang, en réalité, non en figure. » Ils appuyaient leur foi sur le témoignage des Ecritures. Mais l'ermite ne se rendait pas. il lui fallait une preuve matérielle de cette vérité. Elle lui fut accordée par Dieu i.

Beaucoup parmi les Pères du désert posaient en principe l'usage de la communion fréquente. Apollonios d'Hermopolis invitait ses moines à participer chaque jour aux mystères du Christ dans la crainte que Dieu ne s'éloignât d'^ux, s'ils venaient à s'en éloigner. La communion, ajoutait-il, facilite la patience, procure la rémission des péchés ; elle prépare à la communion suivante ^ Saint Basile dit quelque part qu'il serait bon de communier chaque jour. On communiait chez lui quatre fois la semaine, c'est-à-dire le dimanche, le mercredi, le vendredi et le samedi, sans compter les jours de fête, s'il s'en présentait'^. En Egypte, les moines ne communiaient pas ordinairement sur semaine. Ils se contentaient de le faire en assistant à la messe les samedis et les dimanches "i. Il en était ainsi dans les monastères pakhomiens^. Les habitants de la laure de saint Gérasime en faisaient autant; ils se réunissaient pour cela dans l'église du cœnoUum, qui était au centre de leur monastère 6.

Page 1