‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 36 sur 520 · Pallade, Hist. Imis., XXXlll, P. G., t. XXXIV, col · texte numérisé non relu

Pallade, Hist. Imis., XXXlll, P. G., t. XXXIV, col

5. S. Ephrem., De humilitate, c. xxvii (op. grsec, 1. 111, p. 307).

6. Cassien, Conlat., XIX, 534-536. L^abbé Jean expose à Cassien les tnotifs qui l'ont déterminé à agir de la sorte. On trouve des faits analogues dans les monastères de saint Pakhôme (yie arabe de S. Pakhôme, publiée par Amélineau, À. D. M. G., t. XIV, p. 427).

vivaient en commun sous l'autorité d'un supérieur i. « Ils ont la même table, dit saint Jean Chrysostome, les mêmes aliments, les mêmes habits, la même manière de vivre. Parmi eux, il n'y a ni grand ni petit... Tout y est dans un ordre parfait. Si quelqu'un est inférieur aux autres, ceux qui le dominent ne prêtent aucune attention à son infériorité. De la sorte, les petits se trouvent agrandis. Pourquoi s'étonnerait-on de cette communauté de vie, de table, de vêtement, puisqu'ils ne font tous qu'un cœur et qu'une âme? Rien n'est plus favorable au développement de l'humilité. Chacun s'efforce d'honorer le prochain, sans exiger de lui le moindre honneurs »

La charité seule était capable d'unir ainsi des hommes entre lesquels le caractère, l'origine, l'âge, établissaient des divergences profondes. C'est elle qui faisait la force de ces assemblées ou congrégations'^. On pouvait les comparer à une phalange contre laquelle les efforts du démon étaient toujours impuissants^.

Les moines orientaux se demandèrent souvent si la vie cénobitique devait être préférée à la vie érémitique. Les avis étaient partagés, cela va sans dire. La tradition cappadocienne s'est, en règle générale, montrée peu favorable à cette dernière. Saint Basile, son représentant le plus autorisé, se prononce très nettement pour la supériorité du cénobitisme. D'abord, ce genre de vie lui semble plus conforme aux dispositions de la Providence, qui impose à l'homme l'obligation de se servir de son prochain et de le servir à son tour; il permet aux moines d'exercer la charité, tandis que dans le désert, où chacun doit se suffire à lui-même, cette vertu est difficile à pratiquer; il leur procure, avec les avantages de la correction fraternelle et des bons exemples, l'occasion d'être humbles, obéissants et miséricordieux^.

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