XXXI
5. S. Basile, RegtiltB fttsius tractatce inter., 7, P. G., XXXI, col. 927-934 ; Regulce brevîus tractât^ inter., 14 (ibid., 1.134); cf. S. Grégoire de Nazianze' Poem. V, P. G., XXXVlll, 641-645; Constitutiones monasticce, c. xviii, P. G. XLVI, 4 1 0-4 1 1 .
Saint Ephrem trouve des avantages de part et d'autre et conclut que chacun doit, dans la pratique, se contenter de ce qu'il al. Néanmoins, il déclare les cénobites plus heureux^. Saint Jérôme, qui a maintes fois célébré la vie érémitique, se prononce nettement en faveur du cénobitisme dans sa lettre à Rusticus^. D'après Evagre, qui avait expérimenté, comme saint Jérôme et saint Ephrem, ces deux genres de vie, les luttes que le cénobite doit soutenir sont beaucoup moins périlleuses que celles de l'anachorète. Car celui-ci a les démons pour ennemis, tandis que celui-là est aux prises avec les négligences de ses frères'*. L'école de Tabenne préférait la vie en commun s. Cassien, qui se fait l'écho de la tradition égyptienne, dit sagement que ces deux genres de vie sont dignes de louange. Chacun peut et doit embrasser celui qui convient à son âme. Il y a des deux côtés de très sérieux avantages. Le renoncement parfait à la volonté propre et le complet abandon à la divine Providence sans le moindre souci du lendemain sont la note caractéristique de la perfection des cénobites ; les anachorètes trouvent dans leur isolement le moyen d'acquérir une grande liberté de cœur et une étroite union avec la Divinité 6.
En somme, la vie commune offrait aux moines des avantages pratiques incontestables. Elle les dressait aux vertus d'obéissance et de renoncement dont l'exercice faisait la base de son organisation. Voici ce que nous lisons à ce sujet dans les Ferhaseniorum. Un ancien fut ravi en extase. Il aperçut, devant le Seigneur, des hommes, distribués sur quatre rangs. Le premier était occupé par les infirmes, qui savaient rendre grâces à Dieu au sein de répreuve; le deuxième était réservé à tous ceux qui exercent l'hospitalité chrétienne; on voyait au suivant les ermites qui se sont retirés dans la solitude, où ils vivent éloignés de tout commerce avec leurs semblables; les frères, qui par amour de Dieu embrassent une vie d'obéissance, et sont en toutes choses sou-
1. s. Ephrem, Consilium de vita spirituali (op. graec, t. I, 260).