‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 39 sur 520 · Cassien, Conlat., XIX, p. 542-543; XXIV, p · texte numérisé non relu

Cassien, Conlat., XIX, p. 542-543; XXIV, p

mis à leurs supérieurs, se trouvaient au quatrième rang, qui est le plus élevé. Ces derniers portaient un collier d'or, et ils jouissaient d'une gloire supérieure à celle de tous les autres. L'ancien demanda la raison de cette prérogative. Il lui fut répondu : « Les hommes qui sont aux trois premiers rangs trouvent toujours quelque consolation en faisant leur volonté propre, même [dans les bonnes œuvres ; l'homme obéissant, au contraire, renonce à sa volonté propre pour vivre dans un complète dépendance de la volonté de son père spirituel. Voilà pourquoi il surpasse tous les , autres!. »

Cassien, qui partageait l'opinion de ses contemporains sur le caractère monastique des premières communautés chrétiennes de Jérusalem, et sur le christianisme des thérapeutes de Philon, croyait que les cénobites, leurs continuateurs, avaient précédé les anachorètes. Mais cette opinion est dénuée de fondement. Ce sont, au contraire, les ermites qui vinrent les premiers. Saint Pakhôme, qui, depuis longtemps déjà, avait embrassé la vie solitaire, fonda la prerriière réunion de cénobites à Tabenne vers }2^. Si saint Antoine est vénéré comme le patriarche de la vie érémitique, saint Pakhôme est le véritable patriarche des cénobites 2. La cellule d'Amoun devint peu après le berceau du célèbre monastère de Nitrie ; Scété se forma autour de celle de l'abbé Macaire. Dans la Thébaïde, Apollo, après quarante années passées dans le désert, choisit une caverne plus rapprochée du pays habité. Ses miracles et [ses vertus, en fixant sur lui l'attention des hommes, lui attirèrent de nombreux disciples, qui formèrent sous sa direction une communauté ferventes. En Palestine, Gélase^, Euthyme et Théoctiste^; en Mésopotamie, Publios de Zeugmae, Julien Sabbas^ et combien d'autres anachorètes, devinrent^ eux aussi, chefs de cénobites. Ce fut la même chose un peu partout. Quelques-uns de ces solitaires, lancés par la Providence au sein de la vie commune, regrettaient vivement le calme de la solitude. A certaines heures, Julien Sabbas, n'y tenant plus, abandonnait ses moines pour aller

1. Verha seniorum, 144; Rosweyde, ibid., libel. 3 ; P. L. LXXIII, 787-788.

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