Rufin, Hist. eccles., \. Il, 3, 4, P. L., XXI
OÙ leurs frères d'Egypte leur envoyaient de temps à autre des secours et des encouragements'.
Les souffrances endurées par les solitaires égyptiens excitaient la commisération des catholiques de l'Asie. Le plus grand d'entre eux, saint Basile de Césarée, aurait voulu se transporter personnellement à Alexandrie pour leur témoigner sa vénération et pour les soutenir. Il leur envoya, à son défaut, son disciple Eugène, porteur d'une lettre par laquelle il se recommandait à leurs prières ^. L'évêque de Césarée n'était pas moins courageux. Il fut, avec ses amis Grégoire de Nazianze et Amphilochios, le soutien de la foi catholique dans une contrée où l'arianisme avait pu faire des conquêtes importantes. Son frère, Grégoire de Nysse, qui avait mesuré l'étendue de son action, affirme que Dieu l'avait suscité dans son Eglise pour combattre le démon,. qui cherchait à faire revivre par l'arianisme l'adoration de la créature 3. Grégoire de Nazianze, après avoir rendu la paix à l'église de son père troublée par les questions tant agitées alors, réussit pendant son passage sur le siège de Constantinople à faire prévaloir la foi de Nicée. Les moines de la capitale n'étaient point, comme leurs frères de Nazianze, de Césarée et de l'Egypte, les champions ardents de l'orthodoxie. Le macédonianisme avait fait parmi eux des ravages considérables *. Aussi le saint pontife eut-il la douleur de les compter au nombre de ses ennemis les plus acharnés s,
La persécution de Valens n'épargna pas les moines syriens. Ceux de Berrhé et de Chalcis furent des plus maltraités. Après l'incendie de leurs monastères et la destruction de leurs travaux, ils se virent contraints de prendre la fuite pour échapper aux mauvais traitements qui les attendaient 6. A Antioche, l'empereur mit au service de l'hérésie la puissance souveraine (371). L'évêque saint Mélèce fut dépossédé de son siège épiscopal. On chassa les catholiques de leurs églises pour les donner aux ariens. Ceux-ci, dans le but de gagner la confiance du peuple, répandirent le bruit que l'un des solitaires les plus estimés, Julien Sabbas, acceptait leur
1. Théodoret, Hist. eccles., 1. IV, 18, 19, P. G., LXXXIl, 1166-1678, Cassien, Coulât. , XVm, p. 516.