Théophile, Episl. ad Hieronymum, P. L., XXll
4IO LES MOINES d'ORIENT
cause. Les amis et les partisans des Grands Frères furent accusés d'origénisme. Parmi eux, Rufin, Pallade, Evagre et nombre d'autres. Ce fut, on le sait, l'occasion de la lutte acharnée du patriarche d'Alexandrie contre saint Jean Chrysostome.
Les efforts de Théophile ne déracinèrent pas complètement les erreurs origénistes dans les monastères égyptiens. Les moines de Phua^ par exemple, niaient, quelques années plus tard, la résurrection des corps et croyaient à la préexistence des âmes. Saint Cyrille dut leur écrire pour leur montrer la fausseté de pareilles opinions'.
La plupart des hérésies qui eurent cours dans les églises orientales trouvèrent parmi les moines des partisans plus ou moins sincères. Les eusthatiens, les massaliens et les audiens ne se recrutèrent que dans leurs rangs. On rencontrait parfois des solitaires qui,, abordant l'étude des Saints Livres sans autre guide que leurs idées personnelles, en arrivaient à soutenir les opinions les plus absurdes. Il y en eut qui prirent Melchisédech pour le Fils de Dieu ; Marc l'ermite s'occupa de les réfuter ^ D'autres crurent que les hommes naissaient justes ou coupables ^ Un certain Ptolémée se mit à douter de la réalité des êtres *. Des moines égyptiens nièrent la continuation de la présence réelle dans l'Eucharistie après la célébration des saints mystères ^ . L'abbé Moïse raconta à Cassien l'aventure d'un moine de Mésopotamie qui, après avoir pratiqué de grandes vertus, persuada à plusieurs frères de la région qu'ils devaient se faire circoncire et embrasser le judaïsme 6.
Ces faits, quel que soit leur nombre, ne furent jamais que des exceptions. La masse des solitaires orientaux, durant cette première période de leur histoire, resta fidèle aux enseignements traditionnels de l'Eglise.