Id.j Orat., xxi
au jour le jour, sans cesse vagabond. Où donc pourrai-je jeter ce corps ? Quelle sera ma fin ^ ? »
Un autre ami de saint Basile, saint Amphiloquios, dans la crainte qu'il ne lui imposât le lourd fardeau du sacerdoce, fuyait sa présence. Mais il lui fallut, comme Grégoire, s'incliner et prendre le gouvernement du diocèse d'Iconium.
La grandeur du sacerdoce et ses obligations n'effrayaient pas moins saint Jean Chrysostome. II menait à Antioche la vie ascétique en compagnie de son ami Basile , lorqu'ils apprirent que les évêques, réunis afin de donner des pasteurs à plusieurs églises vacantes, songeaient à eux. Dans la crainte d'une surprise, Jean prit la fuite et se cacha, après avoir rassuré Basile, dont il appréciait le mérite. Les évêques mandèrent ce dernier et lui imposèrent la charge épiscopale, en lui assignant le diocèse de Raphané. Chrysostome quitta sa retraite, lorsqu'il 'crut tout péril écarté. Le choix qu'on avait fait de son pieux ami lui causa un yif plaisir. Mais Basile, qui ne prenait pas les choses de la même manière, lui manifesta tout son mécontentement. Chrysostome, pour lui rendre la paix, épuisa toutes les ressources de son esprit et de son cœur. Leurs entretiens lui ont fourni la matière de son traité sur le Sacerdoce, qui passe pour être son chef-d'œuvre «. On y trouve saisis sur le vif' et admirablement exprimés les sentiments d'admiration et de frayeur que l'épiscopat, avec ses devoirs et sa sainteté, inspirait aux serviteurs de Dieu.
Le solitaire du Sinaï, saint Nil, raconte lui-même dans quelles circonstances le sacerdoce lui fut imposé. Les Sarrazins avaient emmené captif son fils Théodule. L'évêque d'EIusa, qui le racheta, conçut pour lui autant d'estime que d'affecfion. Son intelligence et sa vertu l'engagèrent à l'initier aux premiers degrés de la cléricature ". Saint Nil, qui cherchait partout son enfant, eut la joie de le retrouver. L'évêque aurait voulu garder auprès de lui, pour les consacrer au service de son église, et le père et l'enfant. Mais la solitude les attirait l'un et l'autre. Le pontife, voyant ses instances inutiles, les laissa partir après leur avoir conféré l'ordination sacerdotale. II lui fallut pour cela vaincre leur résistance et les larmes que la crainte de cette dignité redoutable faisait couler de leurs yeux''.