S. Basile, Ep. 188, can. 10, P. G., XXXII
de l'autel, et je te ferai diacre. » Ce qui eut lieu; après quoi, il l'ordonna prêtre et l'emmena avec lui^
Saint Basile, qui voulait préposer au gouvernement d'une église son saint ami Ephrem, l'envoya chercher. Mais le diacre d'Edesse, se doutant de l'intention de ses messagers, se rhit à courir et à crier sur la place publique comme un fou. Il réussit par ce moyen étrange à éviter l'honneur et les responsabilités de l'épiscopat^. L'archevêque de Césarée fut plus heureux avec saint Grégoire de Nazianze. 11 détacha de son église le diocèse de Sasima pour le lui donner. Mais Grégoire, en apprenant ses intentions, ne cacha point son mécontentement 3. « Tu m'accuses de paresse et d'inertie, lui écrivit-il quelque temps après, parce que je n'ai pas voulu de ta Sasima, et parce que les magnificences épiscopales "ne m'ont point séduit. La tranquillité est pour moi l'activité la meilleure, je me glorifie de mon repos et de ma quiétude*. » Ce fut néanmoins Basile qui remporta la victoire. Mais rien ne put empêcher Grégoire de publier bien haut la violence qu'on lui avait faite et la peine qu'il éprouvait^. Ses sentiments restèrent les mêmes lorsqu'on l'eut élevé sur le siège épiscopal de Constantinople. Dès son premier discours, il exhala devant ses fidèles le chagrin qui remplissait son cœur, en se voyant arracher aux charmes de la philosophie sublime qu'il aimait tant. « A l'exemple de jérémie, je cherche une retraite profonde; je désire n'avoir d'autre compagnie que la mienne. Rien ne me semblerait préférable à mon bonheur si, placé hors du monde et loin de ma chaire, je pouvais m'entretenir uniquement avec i)ieu et avec moi 6. » Le gouvernement de cette église lui causa des peines nombreuses et cuisantes. Il ne fut guère plus heureux quand les circonstances l'eurent éloigné de la capitale. « 11 ne me restait plus que ma patrie », écrit dans un de ses poèmes ce pauvre pasteur sans troupeau; « mais un démon jaloux a soulevé contre moi d'affreuses tempêtes pour m'en éloigner. Me voilà seul, errant comme un pèlerin sur une terre étrangère, traînant une existence obscure et une vieillesse infirme. Je suis sans chaire, sans cité, sans fils spirituels pour qui m'angoisser. je vis