‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 405 sur 520 · Sozomène, Hist. eccles., 1. viii, 19, P. G., LXVII · texte numérisé non relu

Sozomène, Hist. eccles., 1. viii, 19, P. G., LXVII

mirent à sa recherche et finirent par le rencontrer. Ils s'apprêtaient à le lier pour le ramener de force, lorsque la volonté de Dieu, qui venait de se manifester, lui arracha ces paroles : « Je ne puis plus m'opposer à vos desseins; car c'est peut-être la volonté du Seigneur que je sois ordonné prêtre malgré mon indignité i. » Dans ce même désert, l'abbé Théodore, qui avait reçu le diaconat, ne voulait pas -remplir ses fonctions à l'autel. Il s'en alla un jour chercher une retraite pour fuir cet honneur. Les anciens, qui parvinrent à le ramener, multiplièrent auprès de lui les instances : « Si tu ne veux pas remplir tes fonctions, lui disaient-ils, tiens au moins le calice. » Il refusa, en leur déclarant : « Si vous ne me laissez pas tranquille, j'abandonne cette solitude 2. »

Le recueil des Ferba Seniomm cite encore plusieurs traits où se montre, dans toute sa simplicité, la sainte horreur que le sacerdoce et le diaconat inspiraient aux solitaires^. Quelques-uns allaient jusqu'à fuir la présence d'un évêque, elle ne leur semblait pas moins dangereuse que celle des femmes*.

Les moines de Syrie éprouvaient la même répugnance. Le patriarche d'Antioche, Flavien, grand admirateur de leur vertu, se faisait cependant une joie de les ordonner. 11 manda un jour l'anachorète Macédonios, sous prétexte d'avoir à se justifier d'une accusation lancée contre lui. Son intention était d'en faire un prêtre. Mais la prudence exigeait que tout s'accomplît à l'insu du saint homme. Celui-ci assista à la messe, pendant laquelle le patriarche lui imposa les mains. Quand, à la fin, on lui apprit ce qui venait de se passer, il ne put contenir son indignation. Peu s'en fallut qu'il ne frappât l'évêque et les clercs qui l'assistaient. La peur d'avoir à quitter sa solitude le mettait hors de lui. 11 retourna promptement sur sa montagne '^. Le reclus Acepsimas, que la dignité sacerdotale jetait dans l'épouvante, ne crut pas devoir résister à l'évêque de Cyr, qui était venu l'ordonner. C'était un vieillard qui sentait sa mort prochaine. Il se mit tranquillement à genoux, reçut avec l'imposition des mains la grâce de Notre-Seigneur, et rendit son âme à Dieu quelques jours après ^.

Page 1