Id., XV
Flavien, Acace et quelques autres pontifes se trouvaient réunis dans la cellule de Marcien de Chalcis. Sa sainteté et l'élévation de sa doctrine leur inspiraient la pensée d'en faire un prêtre. Mais le respect dont ils l'entouraient ne leur permit pas de le contrarier à ce point. Ils le quittèrent sans avoir osé mettre leur désir à exécution 1.
Ces faits extraordinaires laissent entrevoir les sentiments qui remplissaient l'âme des solitaires les plus vertueux à la vue des honneurs ecclésiastiques. Mais il faut se garder de juger tous les moines de cette période à la lumière de ces traits édifiants. Le plus grand nombre parmi eux acceptaient tranquillement l'ordination sacerdotale, lorsqu'elle leur était offerte. Quelques-uns allaient plus loin. Ils n'échappaient pas à la fascination qu'exerce sur l'esprit humain le prestige des grandeurs. Aussi les Constitutions monastiques ne croient-elles pas inutile de mettre les ascètes en garde contre le désir d'entrer dans la cléricature. Cette ambition, dit leur auteur, pourrait être désastreuse 2. On savait, en Egypte, avec quelle étonnante facilité elle peut s'emparer d'une âme. Quand elle s'en est rendue maîtresse, le calme de la cellule et la paix de la solitude n'ont plus aucun attrait. Le cœur agité devient incapable de contempler les vérités célestes 3. Le désir d'un plus grand bien était le prétexte derrière lequel se cachaient ordinairement ces aspirations souvent orgueilleuses *. Peu à peu la vanité prenait le dessus, et le pauvre moine n'aspirait guère qu'aux avantages extérieurs dont la cléricature est accompagnée 5. Quelques-uns s'abandonnaient aux rêves de leur imagination, savourant à l'avance les témoignages de respect qui leur seraient prodigués, et comptant les âmes que l'élévation de leur doctrine et la sagesse de leurs discours gagneraient au Seigneur '^e Ces pensées trou-