‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 407 sur 520 · Id., Inst., I, XI · texte numérisé non relu

Id., Inst., I, XI

blaient des têtes peu solides et leur faisaient accomplir des actions étranges. Un ancien du désert de Scété, qui allait voir un jeune frère, entendit des paroles confuses sortir de sa cellule. Il prêta une oreille attentive pour savoir ce qui se passait. C'était le moine qui, se figurant être à l'église, adressait une exhortation à un auditoire imaginaire ; une fois son discours terminé, il se mit à chanter la formule par laquelle le diacre congédie les catéchumènes. Sans attendre plus longtemps, l'ancien frappa à la porte. Le frère l'ouvrit aussitôt et lui demanda, en s'excusant, s'il l'avait attendu : « Je suis arrivé tout à l'heure, répondit-il avec une certaine malice, lorsque tu congédiais les catéchumènes 1. »

Le solitaire Abramios ne se contenta point d'une vaine parodie. Il menait depuis longtemps, au fond d'un désert, une existence presque sauvage. Un beau jour, se figurant être prêtre, il se rendit à l'église et prit place au milieé' du clergé. « Le Christ m'a ordonné cette nuit, disait-il ; recevez-moi comme prêtre 2. » Saint Epiphane parle d'un certain Zachée, qui avait l'audace de célébrer les saints mystères sans avoir jamais reçu aucun ordre sacré. 11 y eut en Egypte un moine qui, non content d'offrir le saint sacrifice, remplissait toutes les fonctions épiscopales. Un fait analogue se passa dans la Péninsule Sinaïtique\

On rencontre à cette époque des religieux qui recherchaient la dignité sacerdotale dans de fâcheuses conditions. Chassés du monastère en punition de leur mauvaise conduite ou à cause de leur caractère difficile, le sacerdoce leur semblait une réparation et un moyen de gagner leur vie. Des évêques, oublieux de leur devoir, ne craignaient pas de leur imposer les mains. Ces malheureux avaient alors le triste courage de se présenter à leur ancien monastère et de s'imposer pour remplir les fonctions liturgiques. Ce qui causait de graves scandales. Ces désordres avaient cours en Thébaïde, où les religieux qui les connaissaient ne voulaient pas recevoir les sacrements de leurs mains. Saint Cyrille d'Alexandrie, informé par quelques abbés de cet état de choses, exigea des évêques qu'ils s'informassent à l'avenir sérieusement du passé de ceux qu'ils devaient ordonner''.

Si la recherche indiscrète de la dignité sacerdotale était contraire

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