CHAPITRE XIX
L'Apostolat et la Charité monastiques
L'apostolat monastique en Orient est un fait qui s'impose à l'attention de l'historien. Le genre dé vie que menaient les moines les préparait, du reste, à devenir les ouvriers infatigables de la diffusion de l'Evangile. « Sans famille et sans fortune, écrit l'auteur de la Fin du Paganisme, le moine n'existe que pour sa foi. C'est en elle que se concentrent toutes ses affections. Les sacrifices qu'il lui a faits ne la lui rendent pas moins chère et moins précieuse; au contraire, on s'attache moins aux choses par les satisfactions qu'elles donnent que par les peines qu'elles ont coûtées. Sans doute, la nature résiste, et il faut lutter contre elle; mais cette lutte même, quand on en sort vainqueur, met l'homme en possession de toute son énergie. Que ne fera-t-il pas, s'il tourne cette énergie, qui s'est trempée par le combat et la victoire, vers le triomphe de ses idées i. » Cette énergie, beaucoup surent la dépenser au service de la vérité chrétienne, en se faisant ses apôtres.
La vertu des moines et leur action personnelle contribuèrent puissamment à augmenter le nombre des conversions au christianisme, sous le gouvernement de Constantin et de ses successeurs*. Ils furent les auxiliaires intrépides de l'épiscopat. L'ambition qu'ils eurent dé conquérir au Seigneur les villes et les bourgades, et les succès qui couronnèrent leurs efforts, accentuaient le rapprochement que saint Jean Chrysostome établit entre un moine et un roi 3.