S. Jean Chrys. ,£/)ts^ 221, P. G., LII
d'Apamée, à diriger vers ces provinces des religieux capables de les. évangéliser^ Les grandes difficultés auxquelles les apôtres se trouvèrent en but, les mauvais traitements qu'ils durent essuyer, le sang que plusieurs d'entre eux répandirent, ne le laissaient pas indifférent; il leur prodiguait ses encouragements et ses conseils, en les invitant à continuer leur tâche sans jamais perdre patience 2. Un prêtre d'Antioche de ses amis, Constance, s'était chargé de le tenir au courant de tout ce qui se passait en Phénicie-^.
On vit un peu partout dans l'Empire, vers la fin du IV^ siècle et au début du V^, les chrétiens s'acharner, à la faveur des lois, contre les temples, derniers vestiges du paganisme vaincu. Les moines ne furent pas les moins empressés. Dans les villes et les campagnes, ils se jetaient sur ces édifices et causaient parfois, en les renversant, des troubles profonds. Le rhéteur Libanios se plaint avec amertume, dans son discours sur les temples, des excès auxquels les entraîna un zèle irréfléchi. Les Egyptiens envisageaient ces démolitions comme un acte de piété. L'abbé Bessarioh, au sortir d'une longue extase, dit aux frères qui l'entouraient : « Un ordre est venu du Seigneur pour la destruction des temples. 11 a été exécuté. Les temples sont détruits^. » C'est dans cet esprit que Schnoudi renversa un sanctuaire d'idoles auprès d'Achmin. Les solitaires répondirent en foule à l'appel que leur adressa le patriarche Théophile pour faire disparaître ceux qui restaient à Alexandrie-^'.
Les religieux d'Oxyrinque adoptèrent une tactique bien différente. Ils conservèrent des édifices qui, moyennant quelques modifications, purent être transformés en églises ou en monastères^. C'était de beaucoup le procédé le plus sage. 11 fut évidemment employé ailleurs. Le sophiste Eunapios blâmait les moines d'avoir ainsi usurpé la demeure des dieux"^.