‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 437 sur 520 · B. Zosime, ÂUoquia, 6, P. G., LXXVIII · texte numérisé non relu

B. Zosime, ÂUoquia, 6, P. G., LXXVIII

VOYAGES MONASTIQUEè 46 1

gieux à quitter sa cellule. Saint Basile lui demandait de faire la sourde oreille; -car « il est à craindre que, en sortant de son monastère, il ne sorte aussi de la sainteté qui convient à son étati ». D'autre part, il devait, par la gravité de sa conduite, inspirer aux hommes avec qui il se trouverait en relation un profond respect pour sa personne et pour son habit'. A cause de cela, l'hégoumènc, quand il lui fallait envoyer quelqu'un au dehors, choisissait un homme qui pût le faire sans danger pour lui et avec édification pour les autres. Il ne devait jamais permettre une sortie qui pût causer à une âme le moindre préjudice. Afin de rendre les voyages moins dangereux, on arrangeait tout de manière à ce que les frères, au lieu d'aller seuls, avançassent par groupes plus ou moins nombreux. Ils récitaient, chemin faisant, les psaumes et les prières que prescrivait la. règle; ils s'entretenaient de sujets édifiants et suivaient le plus possible les exercices réguliers. C'était un monastère ambulant, dont l'itinéraire était tracé d'avance. Ils recevaient l'hospitalité dans quelques communautés religieuses ou, à défaut, chez des personnes d'une piété reconnue. Au retour, chacun rendait compte de ses démarches et de ses paroles\ Les conditions dans lesquelles voyageaient les moines de Cappadoce les prémunissaient donc suffisamment contre la plupart des dangers matériels et moraux.

L'auteur des Consiiiuiions monastiques était plus confiant que saint Basile. La pensée d'un service à rendre l'emporte dans son esprit sur les périls auxquels les voyages peuvent exposer un religieux. Celui-ci n'est pas admis à prétexter les inconvénients spirituels d'une sortie pour éviter un ordre que lui donne son supérieur. Qui agirait ainsi méconnaîtrait la haute valeur de l'obéissance. Si vraiment un voyage peut lui faire courir des dangers, il n'a qu'à se recommander humblement aux prières des frères et à supplier Dieu avec une inébranlable confiance de faire de lui un instrument de sa divine volonté*. Le vrai moine, ajoutait le même législateur, n'a rien à craindre de ses relafions avec le monde. Son cœur lui tient lieu de monastère ; son âme est une forteresse inattaquable ; il se trouve partout dans une cellule d'où

1. s. Basile, clas. I, ep. 42, Àd Cbilotiem, P. G., XXXII^ 351-354.

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